Banque

UBS publie un bénéfice supérieur aux attentes mais l’afflux d’argent frais a ralenti

Avec un gain net de 1,03 milliard de francs au deuxième trimestre, le numéro un bancaire a surpris favorablement. La banque d’affaires a amélioré sa rentabilité par rapport au premier trimestre. Principal bémol, les sorties de fonds observées dans les marchés émergents et en Europe. L’action gagne plus de 2%

Avec un bénéfice net attribuable aux actionnaires de 1,03 milliard de francs pour le seul deuxième trimestre, UBS n’a certes pas été aussi profitable qu’à la même période de l’an dernier, durant laquelle son résultat net avait dépassé 1,2 milliard. Toutefois, le bénéfice dégagé entre avril et juin a largement dépassé le montant de 730 millions qui était escompté en moyenne par les analystes sondés par AWP. Ces chiffres ont été bien accueillis par les marchés: vers 14h, l’action gagnait 2,4% à 13,61 francs, caracolant en tête de l’indice SMI.

A lire aussi: Credit Suisse se stabilise à un faible niveau

Une réaction qui contraste avec le recul de plus de 5% essuyé jeudi par son rival Credit Suisse, qui a publié un bénéfice net de 170 millions pour le deuxième trimestre. Dans leurs commentaires, beaucoup d’analystes se sont montrés rassurés par le fait que les bons chiffres d’UBS ont été réalisés sur le plan opérationnel – le bénéfice opérationnel a atteint 1,49 milliard – contre 1,11 milliard attendu –, sans être soutenus par des facteurs non récurrents, comme cela a été le cas jeudi chez Credit Suisse.

Toutes les unités ont été profitables

De la gestion de fortune à la gestion d’actifs en passant par la banque d’affaires, toutes les unités ont généré un résultat opérationnel positif. Avec un bénéfice avant impôts de 447 millions de francs, la banque d’investissement a fait mieux qu’attendu même si elle n’a pas été aussi rentable qu’à la même période de l’an dernier (617 millions). La gestion d’actifs a aussi été profitable à hauteur de 148 millions, contre 134 millions un an plus tôt.

En revanche, la situation est plus contrastée pour les activités de gestion de fortune. Celles aux Etats-Unis (Wealth Management Americas) ont été plus rentables qu’attendu avec 281 millions de dollars, comparé à 231 millions un an plus tôt.

Moins d’argent frais dans la gestion de fortune

La situation est plus contrastée pour la division de gestion de fortune (Wealth Management) qui a certes été de nouveau l’unité la plus profitable du groupe avec un bénéfice avant impôts de 606 millions de francs, bien qu’inférieur aux 678 millions escomptés en moyenne par les analystes. Il a aussi été inférieur au premier trimestre de cette année (636 millions) tout comme par rapport au deuxième trimestre 2015 (769 millions).

Surtout, l’afflux net d’argent frais, de 6 milliards de francs pour l’unité, s’est inscrit en retrait à la fois par rapport au premier trimestre (15,5 milliards) et par rapport à la même période de l’an dernier (8,4 milliards). En comparaison, il a dépassé les 11,3 milliards affichés chez Credit Suisse pour les activités de gestion de fortune au deuxième trimestre. Lors d’une conférence téléphonique, Kirt Gardner, le directeur financier d’UBS, a souligné les afflux favorables observés en Asie-Pacifique (6,8 milliards) et en Suisse (2,2 milliards), contrebalancés par des sorties d’avoirs dans les marchés émergents (–2,3 milliards) et en Europe (–0,5 milliard).

Faut-il s’inquiéter de la détérioration de la situation des pays émergents qui pourrait déteindre sur l’Asie? Le directeur financier a relativisé ce risque: «Les sorties de fonds concernent avant tout l’Amérique latine et certains pays d’Europe de l’Est. Rien n’indique une évolution similaire en Asie.»

Marges en baisse

Des explications qui n’ont qu’en partie convaincu les analystes. En effet, ceux-ci, à l’instar de ceux de Deutsche Bank et de la Banque Cantonale de Zurich, ont pointé du doigt le recul de la marge brute de l’unité de gestion de fortune à 78 points de base au deuxième trimestre, le plus faible niveau observé depuis deux ans. «Il semble aussi qu'UBS attire moins de nouveaux clients que ses concurrents», a relevé de son côté Kepler Cheuvreux.

Des fonds propres solides

Parcours sans faute d’UBS en revanche en ce qui concerne l’évolution de ses fonds propres. Le ratio de fonds propres CET1, selon une application intégrale, s’est établi à 14,2% (14% à fin mars), comparé à 11,8% chez Credit Suisse. De plus, le ratio d’endettement («leverage ratio»), très suivi en Suisse en raison des exigences plus strictes annoncées par la Finma l’automne dernier, a continué de progresser à près de 3,4% à fin juin, contre 3,3% à fin mars.

De même, le programme de réduction des coûts est en bonne voie pour atteindre les objectifs visés par la banque. Les économies de coûts annuelles ont atteint 1,4 milliard à fin juin, après 1,2 milliard à fin mars, alors que l’établissement vise un montant de 2,1 milliards d’ici à fin 2017.

«Haut degré de flexibilité» pour s’adapter au Brexit

Fidèle à son habitude, Sergio Ermotti s’est montré très prudent pour la suite, évoquant les incertitudes liées au Brexit et l’aversion au risque chez les clients, le tout dans un environnement de taux d’intérêt plus bas que prévu. En revanche, le directeur a souligné que la banque disposait d’un «haut degré de flexibilité» pour s’adapter à la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne. Quant à la question de l’accès au marché européen assuré jusqu’ici à partir de la Grande-Bretagne, il a souligné que tout allait dépendre du résultat des négociations entre le Royaume-Uni et l’UE.

Publicité