UBS a reconnu lundi mener des discussions avec les autorités au sujet des bonus qu’elle va verser à ses salariés.

L’établissement zurichois s’apprêterait à verser 4 milliards de francs suisses (2,7 milliards d’euros) de bonus à ses quelque 69.000 salariés, mais l’Autorité fédérale de surveillance des marchés financiers (Finma) pourrait revoir ce chiffre à 3 milliards, a indiqué la Sonntagszeitung dans son édition dominicale, citant des sources anonymes.

Interrogée par l’AFP, la Finma a refusé de commenter cet article. Un porte-parole du gendarme des marchés financiers a précisé qu’il n’y avait plus de «contrat entre la banque et la Confédération» depuis le désengagement de Berne dans la banque et que la Finma ne devait donc «pas donner (son) accord» au versement des bonus.

UBS a quant à elle indiqué «mener des discussions avec la Finma, notamment au sujet de la part variable des salaires». La banque n’a cependant pris aucune décision concernant le montant des bonus versés au titre de l’année 2009, a souligné une porte-parole, qui s’est refusée à commenter les montants évoqués par la Sonntagszeitung.

La banque, qui devrait renouer avec les bénéfices au quatrième trimestre 2009 mais toujours enregistrer une perte pour l’ensemble de l’année écoulée, avait déjà dû revoir dans le passé ses ambitions en matière de rémunération complémentaire. Elle n’avait été autorisée en février 2009 par la Finma à ne verser que 2,2 milliards de francs suisses de bonus à ses salariés.

UBS, qui a subi en 2008 une perte astronomique de 21,3 milliards de francs suisses et supprimé des milliers d’emplois, avait été secouru in extremis par la Confédération qui l’avait recapitalisée et soulagée de ses actifs toxiques. Après la débâcle de la crise financière, Berne a décidé de soumettre les bonus des banquiers suisses à un cadre plus strict depuis janvier, de façon à limiter des prises de risque dangereuses.

La Finma a ainsi décidé que les rémunérations variables «devront être calculées à long terme et durablement, en fonction du succès économique et en tenant compte de l’intégralité des coûts en rapport avec tous les risques encourus».