Banque

UBS, le redressement commence

Malgré les chiffres trimestriels plus mauvais qu’attendus, UBS est aujourd’hui sur la voie du redressement: conseil d’administration entièrement remanié, direction crédible, la banque a achevé les grandes réformes, lancées par l’ex-CEO Marcel Rohner et poursuivies sous la férule énergique de son successeur Oswald Grübel.

La situation financière d’UBS ne laisse plus craindre de faillite comme c’était encore le cas en octobre dernier. La perte de 2 milliards de francs est certes nettement plus élevée que les attentes des analystes: Citigroup tablait sur une légère perte de 100 millions pour le groupe. Mais la banque d’affaires américaine d’UBS a en réalité amorti, au premier trimestre, le double de ce qui était prévu, soit près de 4 milliards. Cela confirme l’action vigoureuse du CEO Oswald Grübel, qui a pris le parti d’assainir le bilan le plus vite possible et de comptabiliser un maximum d’amortissements et de mauvaises nouvelles au 1er trimestre. Sur l’année 2009, les amortissements d’actifs toxiques ne devraient plus beaucoup dépasser ces 4 milliards, à comparer aux 33 milliards perdus dans la même division sinistrée en 2008. Le reste des actifs toxiques étant, désormais, transféré au fonds de défaisance de la Banque nationale suisse.

La suppression drastique de 8700 postes supplémentaires, dont 2500 en Suisse, confirme une chose: la direction n’a pas d’autre choix pour réduire ses charges, car elle n’a pas été en mesure de vendre les activités de banque d’affaires ou de gestion de fortune américaines, malgré de nombreuses tentatives. Aujourd’hui, la gestion de fortune déclarée aux Etats-Unis semble d’ailleurs plus performante que dans le reste du monde, parvenant à attirer 16 milliards de francs, alors que 23 milliards ont été retirés par la clientèle internationale gérée depuis la Suisse. Malgré sa faible profitabilité, la division US Wealth Management (gestion d’avoirs américains déclarés) a donc peut-être, après tout, un avenir au sein du groupe.

En attendant, les charges de personnel restent la première cible à laquelle s’attaque la direction. Par rapport aux effectifs de fin 2007, UBS prévoit donc d’élaguer au moins 13’500 postes, soit le quart de ses effectifs. Quelque 3300 postes sont concernés en Suisse (avec les 800 déjà annoncés), mais le gros des suppressions reflète, très clairement, un redimensionnement drastique des activités américaines: la banque d’affaires new-yorkaise et ses prolongements londoniens se réduisent comme une peau de chagrin, pour ne représenter qu’un complément, tout au plus, au cœur de métier qui restera la gestion de fortune internationale. Reste à savoir quand UBS parviendra à stopper les sorties d’avoirs: les 23 milliards de francs retirés d’UBS ce trimestre par des clients internationaux et suisses dépassent les attentes. Mais le groupe, qui gère plus de 2000 milliards de francs de fortunes privées et institutionnelles à fin mars 2009, conserve encore une nette avance sur ses principaux concurrents internationaux.

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