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UBS réorganisera entièrement ses activités d’ici à 2016

Dès la mi-2015, une nouvelle filiale bancaire réunira la banque de détail et la gestion de fortune en Suisse. Les actionnaires recevront un dividende spécial. En échange, la banque espère obtenir de la part du régulateur un rabais en matière de fonds propres

UBS réorganisera entièrement ses activités d’ici à 2016

Banque Dès la mi-2015, une nouvelle filiale bancaire réunira la banque de détail et la gestion de fortune en Suisse

Les actionnaires se verront proposer un dividende spécial

A l’inverse du climat tendu qui pèse sur Credit Suisse en raison de ses démêlés aux Etats-Unis, l’ambiance était sereine mardi à Zurich lors de la présentation des chiffres d’UBS au premier trimestre. Les discussions ont été avant tout d’ordre technique, alors que les litiges encore en cours ont, eux, été relégués au second plan.

La direction de la banque a insisté sur les progrès réalisés sur le plan réglementaire. Outre un ratio de fonds propres de 19% exigé de la part d’UBS et de Credit Suisse, les deux établissements devront aussi prévoir des mesures destinées à préserver les fonctions essentielles pour l’économie helvétique.

Dans cette optique, UBS a précisé mardi son projet de réorganisation de sa structure juridique, esquissé pour la première fois en novembre dernier. La banque établira d’abord une nouvelle holding via un échange d’actions. Les actionnaires se verront proposer un titre de la nouvelle holding UBS contre un ancien. Une fois la transaction achevée, un dividende supplémentaire d’«au moins» 0,25 franc par action sera versé aux propriétaires de la nouvelle holding. L’opération, soumise à l’approbation des autorités, est prévue en 2014. Ce projet n’obligera pas UBS à devoir lever du capital supplémentaire, a assuré Sergio Ermotti, le directeur. Il ne devrait pas non plus avoir un impact sur l’emploi.

L’absence d’effet de dilution pour les actionnaires existants, tout comme la perspective de recevoir un dividende spécial d’un montant aussi élevé que celui attribué au titre de 2013, ont convaincu les analystes hier.

Cela alors que le franchissement du seuil de 13% du ratio de fonds propres de première catégorie ouvre la voie à un relèvement des dividendes chez UBS. Après 25 centimes en 2013, le dividende devrait grimper à 55 centimes par titre cette année, puis à 80 centimes en 2015, prévoit la Banque Cantonale de Zurich.

Par pays, UBS prévoit de fonder une nouvelle filiale bancaire en Suisse dès la mi-2015. Elle devrait accueillir à la fois la banque de détail ainsi que les activités de gestion de fortune enregistrées en Suisse au sein de la division Wealth Management. Au Royaume-Uni, la banque mettra sur pied une nouvelle entité baptisée UBS Limited. Enfin, aux Etats-Unis, la banque créera une compagnie holding intermédiaire réunissant toutes ses activités américaines dès la mi-2016.

Ces mesures de réorganisation ne sont pas motivées par la seule volonté de se conformer aux nouvelles règles en Suisse. UBS espère en obtenir des avantages, comme l’avait déjà indiqué Lukas Gähwiler en novembre au Temps. «Nous sommes confiants de pouvoir obtenir un rabais par rapport aux exigences en matière de fonds propres prévues dans le cadre de la législation helvétique sur les banques «trop grandes pour faire faillite», a réaffirmé Axel Weber, le président d’UBS, mardi.

UBS fonctionnera-t-il encore comme un seul groupe à l’avenir? Selon Sergio Ermotti, la modification de la structure juridique du groupe n’implique pas qu’UBS doive arrêter de fonctionner comme une seule banque.

Avec cette annonce, UBS progresse plus vite que son concurrent dans la mise en œuvre de sa nouvelle structure. En novembre, Credit Suisse a présenté dans les grandes lignes un modèle très similaire. A savoir, la création d’une société affiliée pour ses affaires comptabilisées en Suisse, principalement la gestion de fortune et la banque de détail. S’y ajouterait une autre société créée en Grande-Bretagne ainsi qu’une nouvelle structure aux Etats-Unis.

Pour les deux grandes banques, l’ère de la stratégie axée sur la «banque intégrée», très en vogue au milieu de la dernière décennie, appartient désormais au passé.

Axel Weber ne cache pas qu’il espère obtenir de la part du régulateur un rabais en matière de fonds propres

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