Banque

UBS se désengage au Brésil

La banque suisse continue à renforcer ses fonds propres. En difficulté, UBS vend ses affaires de services financiers au Brésil, UBS Pactual, pour quelque 2,8 milliards de francs. L’acquéreur est la société locale BTG Investments.

La cession, annoncée aujourd’hui par UBS, s’inscrit dans le cadre de la volonté de la première banque helvétique de constamment réduire son profil de risque. L’objectif consiste également à renforcer le bilan et à poursuivre la concentration sur d’autres activités afin de redresser la situation, précise le communiqué.

Moins de risques

Le prix de vente (2,5 milliards de dollars) comporte une plus-value comptable non chiffrée. Dans le détail, elle permet d’accroître le niveau des fonds propres de 1,3 milliard de francs, de diminuer le poids des activités risquées de 3 milliards. La somme du bilan va quant à elle se réduire de 6,3 milliards.

Avec la transaction, le ratio Tier 1, servant à mesurer les fonds propres, se trouve augmenté d’environ 60 points de base (0,6 point de pourcentage). UBS avait déjà procédé en mars à une opération visant à mieux doter son capital (+10 points de base), cette fois en rachetant de ses propres obligations.

Petite perte au final

La banque s’attend par ailleurs à essuyer une «petite» perte en lien avec la vente de BTG Investments. L’impact détaillé sera publié le 5 mai à l’occasion de la diffusion des comptes au premier trimestre 2009, qui devrait se solder par une perte nette de près de 2 milliards de francs.

Le prix de la cession se compose de liquidités et de reprises de dettes. Le feu vert des autorités compétentes pour avaliser la transaction tombera aux alentours de la mi-2009, espère UBS, désormais présidée par l’ancien conseiller fédéral Kaspar Villiger. BTG Investments est placée sous la direction d’André Esteves.

Restructuration

Outre l’ampleur de sa perte au premier trimestre de cette année, la première banque suisse a fait connaître la semaine passée sa volonté de supprimer 8700 emplois supplémentaires d’ici 2010, dont 2500 en Suisse (soit un emploi sur dix), ce qui porte le total des postes tracés en moins de deux ans à près de 20 000.

L’opération de désinvestissement d’UBS Pactual est à même de calmer les rumeurs quant à l’éventualité d’une nouvelle augmentation de capital, du moins dans l’immédiat. Bien que supérieur à 10%, le ratio Tier 1 demeure pour l’heure à un niveau qui suscite un sentiment d’incertitude auprès des investisseurs.

Pour mémoire, l’acquisition de Pactual ne remonte qu’à décembre 2006. UBS avait alors payé 2,5 milliards de dollars pour mettre la main sur une entité alors dirigée par un certain André Esteves. Ce dernier a continué d’occuper la présidence de la direction générale avant de quitter Pactual en 2008.

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