Immobilier 

UBS se lance dans l'intermédiation d'hypothèques pour professionnels

La grande banque devient un intermédiaire dans le financement des immeubles de rapport, afin d’éviter d’immobiliser des fonds propres. Via sa plateforme UBS Atrium, elle transmet les demandes de crédits aux grandes caisses de pension

Le marché des prêts hypothécaires pour les investisseurs professionnels s’enrichit d’un nouveau créneau au sein duquel UBS joue le rôle non plus de prêteur mettant à disposition ses fonds propres, mais d’intermédiaire.

La concurrence des caisses de pension

Avec le lancement d’une plateforme appelée UBS Atrium, la grande banque tire les conséquences de développements importants: «Les taux d’intérêt extrêmement bas amènent les caisses de pension à investir dans les hypothèques parce que ces dernières offrent un rendement attractif par rapport aux obligations. Pour les banques, les marges sont réduites par l’arrivée de ces concurrents. Et, à l’inverse de ces institutionnels, elles doivent immobiliser des fonds propres pour octroyer des crédits hypothécaires», explique mardi à Zurich Andreas Diemant, responsable des clients institutionnels d’UBS en Suisse.

La grande banque observe qu’en raison des réglementations sa compétitivité est d’autant plus réduite que les échéances sont longues. A l’évidence, aujourd’hui, pour les taux d’intérêt entre 10 et 15 ans, les instituts bancaires sont à la peine.

«Sur un marché de l’immobilier de rendement que, chez UBS, nous estimons entre 330 et 360 milliards de francs, nous sommes l’un des rares prestataires à fournir dans toute la Suisse, des solutions homogènes», indique Markus Lüthi, responsable du segment Construction et Immobilier au sein d’UBS.

A partir de 2 millions de francs

Atrium, qui a été officiellement lancée le 1er novembre, se définit comme une plateforme spécialisée dans l’intermédiation d’immeubles de rapport à partir de 2 millions de francs.

«Le marché des immeubles de rapport (locatifs) représente le tiers du marché hypothécaire», précise Markus Lüthi. Il fonctionne différemment de celui du logement en propriété et de la maison individuelle. Le nombre d’emprunteurs potentiels, compte tenu de la taille des objets, est modeste et différent d’un canton ou d’une ville à l’autre.

«L’important est alors d’avoir accès à ces acteurs. Nous avons, dans notre découpage helvétique en dix régions, 80 experts bien introduits auprès des emprunteurs», explique Markus Lüthi. UBS s’efforce, à travers sa plateforme, de les mettre en contact avec les investisseurs (créanciers), en l’occurrence des grandes caisses de pension.

L’intermédiaire, la grande banque, s’occupe du conseil et du suivi et prélève des frais de dossier, tant auprès de l’emprunteur que du créancier investisseur. Mais UBS ne met pas son bilan et ses fonds propres à disposition. Avec UBS Atrium, l’emprunteur n’a plus besoin de sonder le marché et de partir à la quête des conditions de chaque prêteur et des documents nécessaires. Il s’adresse à son banquier qui, s’il s’agit d’un immeuble de rendement de plus de 2 millions, ayant au maximum 30% d’utilisation commerciale, transmet le dossier à UBS Atrium, où les investisseurs peuvent signaler leur intérêt et effectuer des offres de taux d’intérêt.

Aucun conflit d’intérêts

La plateforme hypothécaire, pour laquelle aucun conflit d’intérêts n’est possible, n’offrira ses services que pour les hypothèques (pour les investisseurs professionnels) d’une durée de 2 à 15 ans. Par ailleurs, il ne sera pas prévu de partager un crédit hypothécaire entre plusieurs institutions de prévoyance.

«Le succès d’UBS Atrium dépendra de sa liquidité. Les premières transactions ont été conclues, mais il faudra attendre quelques mois avant qu’elles ne soient quotidiennes», fait valoir Andreas Diemant. «Nous espérons que notre offre attire plusieurs centaines de millions de francs», ajoute-t-il.


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