Pressé de questions à propos d'éventuelles nouvelles réductions d'emplois chez UBS, Marcel Rohner, son directeur général, est resté très évasif jeudi à Bâle. «Si nous avons quelque chose à communiquer à ce sujet, nous le ferons en temps voulu», a déclaré jeudi le directeur d'UBS, en marge de l'assemblée générale extraordinaire.

L'annonce n'aura pas tardé. Vendredi, le numéro un bancaire helvétique a indiqué qu'il allait réduire ses effectifs nets de 2000 collaborateurs dans la banque d'affaires d'ici la fin de l'année. L'unité n'emploiera plus que 17000 collaborateurs, soit 6000 de moins qu'au troisième trimestre 2007. A fin juin, cette division comptait encore près de 19500 employés, sur un total de 81450.

Les réductions d'emplois annoncées hier dépassent légèrement les estimations de 1900 postes citées par les médias en début de semaine. Les postes supprimés le seront avant tout aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne. Entre 100 et 200 emplois en Suisse pourraient aussi être concernés, selon la Société suisse des employés de commerce. S'ajoutant aux 7000 emplois déjà supprimés par UBS depuis 2007, cette nouvelle taille dans les effectifs porte à 9000 le nombre de postes biffés par la banque suite à l'éclatement de la crise des crédits hypothécaires à risque. Au total, près de 132000 emplois ont été éliminés dans le secteur bancaire à travers le monde depuis juillet 2007, calcule l'agence Bloomberg.

La Société suisse des employés de commerce critique cette décision, annoncée un jour après que l'UBS a indiqué prévoir à nouveau un bénéfice au troisième trimestre. «Si l'UBS croît en ses pronostics, elle devrait bientôt se lancer à la recherche de personnel», ironise l'association.

Redéfinition des priorités

Reste que les mesures annoncées par UBS hier sont cohérentes avec la volonté affichée par sa nouvelle direction de diminuer les risques liés aux activités de banque d'affaires, à l'origine d'une grande partie de ses déboires depuis 2007. C'est surtout le segment actif dans les revenus fixes, les devises et les matières premières («FICC»), responsable de l'essentiel des 44 milliards d'amortissements inscrits depuis l'été 2007, qui fait les frais de cette réorganisation. UBS abandonnera ses activités dans les matières premières, à l'exception des métaux précieux. La banque réduira aussi fortement ses activités dans l'immobilier, la titrisation et le négoce de titres pour son propre compte. UBS entend se concentrer sur ses seuls points forts dans la banque d'affaires, comme les actions ou le conseil stratégique pour ses clients.

Les analystes ont bien accueilli l'annonce. Le courtier Helvea redoute toutefois que les revenus de l'unité de banque d'investissement d'UBS ne soient en train de reculer au même rythme que la diminution de ses coûts. Vendredi, l'action UBS a poursuivi son rebond en gagnant encore 12,6% à 23,98 francs.