banques

UBS: essai à transformer

Le départ des clients reste à endiguer

Des chiffres noirs! Cela fait bien longtemps que l’on n’avait pas écrit une bonne nouvelle sur UBS. Même si la banque a profité d’un crédit d’impôt d’un demi-milliard de francs aux Etats-Unis, elle a réussi à faire mieux que ce qu’on attendait d’elle au dernier trimestre de l’an passé. Et si l’année continue comme elle a commencé, 2010 pourrait même être celle de ses premiers résultats positifs annuels, les derniers remontant à 2006. Voilà de quoi lui concevoir, de nouveau, un avenir.

Certains responsables vont sans doute lire dans cette rentabilité retrouvée l’occasion de lâcher la banque par qui la fin du secret bancaire est arrivée brutalement il y a une année, et dont la Suisse ne sait toujours pas comment se sortir. Pourquoi UBS n’irait-elle pas désormais régler seule ses soucis avec le fisc américain? Avec plus d’un milliard de profit, il y aurait de quoi payer une nouvelle amende pour remettre les compteurs à zéro.

Ce serait une décision populiste, et une erreur.

Car la clientèle d’UBS continue de la quitter, massivement. Contrairement aux attentes, l’argent qui lui était confié a même davantage quitté ses coffres au 4e qu’au 3e trimestre 2009. Certes, sur l’année, la fuite de fonds a ralenti, -147 milliards au total contre -226 milliards à fin 2008. Mais le renversement de tendance n’est pas visible. Le dégât de réputation qu’elle subit continue de la pénaliser. Lundi, le classement du réputé Euromoney, montrait comment UBS avait perdu sa place de meilleure banque de gestion de fortune au monde, détenue depuis 2004. Lucide, Oswald Grübel, son directeur général, «table encore, dans le proche avenir, sur des reflux de fonds», selon le communiqué.

UBS a changé nombre de ses visages et exécuté une drastique restructuration. Cependant, après les chiffres noirs et la remontée des fonds propres, la conclusion du dossier fiscal apparaît comme décisive pour transformer l’essai d’«Ossie».«. Or Washington attend de Berne qu’elle honore l’accord signé l’an passé avec elle. La banque a donc encore besoin d’un soutien politique.

Publicité