Ces facteurs ont eu un impact négatif de 1,19 milliard de francs sur les chiffres publiés en février, a indiqué mercredi le numéro un bancaire suisse. L’une des causes est l’accord survenu entre-temps avec les autorités américaines sur les soupçons de fraude fiscale, impliquant le versement de 780 millions de dollars.

La banque a aussi subi la réévaluation (au 30 septembre) de 7,8 milliards de dollars d’actifs toxiques qui n’ont pas encore été transférés à «StabFund», la banque de défaisance mise en place par la Banque nationale suisse (BNS) à cet effet.

L’établissement assure qu’il mènera à bien l’abandon annoncé de ses activités transfrontalières aux Etats-Unis, et mettra en place un programme renforcé sur le plan des contrôles internes.

«Cet épisode montre très clairement que notre cadre de contrôle doit être extrêmement robuste et que les incitations dont bénéficient les employés doivent être alignées sur la gestion et le contrôle des risques, ainsi que sur la création de valeur à long terme pour les actionnaires», écrit UBS dans son rapport annuel.

Rémunérations

Pour l’heure, au chapitre des salaires, le document montre que les anciens chefs ne partiront pas les mains complètement vides. Le trio Marcel Ospel-Stephan Haeringer-Marco Suter, qui annonçait en novembre renoncer à 33 millions de francs de rémunération variable, se partage tout de même quelques millions.

Après soustraction de ces 33 millions de bonus non perçus, il reste 10 millions de «solde des engagements contractuels au titre de 2008 et 2009». Sur ce montant, 3,9 millions vont à l’ancien vice-président Stephan Haeringer, 3,8 millions à l’ex-chef des finances Marco Suter et 2,3 millions à l’ex-président Marcel Ospel.

Quant à Marcel Rohner, qui vient de jeter l’éponge en tant que directeur général, son paquet salarial se monte à 1,8 million pour l’année dernière. Pour Peter Kurer, bientôt remplacé par Kaspar Villiger à la présidence, le montant inscrit atteint 1,5 million.

Fragile

Du côté des actuels dirigeants, le ton reste particulièrement prudent au sujet des prochains mois. Le groupe a beaucoup réduit ses risques, mais le bilan reste exposé à des marchés non liquides et volatils, commentent le président Peter Kurer - bientôt remplacé par Kaspar Villiger - et le nouveau patron Oswald Grübel.

La situation «fragilise nos bénéfices pour un certain temps encore». «Nous restons donc extrêmement prudents quant aux perspectives à court terme», indiquent Peter Kurer et Oswald Grübel dans la lettre aux actionnaires.

Une telle retenue quant aux perspectives n’était pas de nature à rassurer les investisseurs. La correction des chiffres était certes prévue, mais le flou pour l’avenir a pesé sur le cours de l’action à la bourse suisse. Le titre a évolué de façon chaotique entre le rouge et le vert, allant jusqu’à -4% mais aussi +4%, dans un marché lui aussi en dents de scie.