Un immeuble genevois très en vue change de mains. Pour 295 millions de francs, UBS vend à la société immobilière PSP Swiss Property l’îlot urbain situé entre le numéro 4 de la rue de la Cité, le 2 de la rue de la Confédération et les numéros 5 et 7 de la rue de la Corraterie, a appris Le Temps. L’établissement aux trois clés devient locataire de quelque 6000 m² qu’il occupe dans ce bâtiment de 15 760 m², également appelé l’Hôtel de banque. Le prix de vente équivaut à plus de 18 700 francs le m².

Ces derniers mois, UBS a cédé son site de Suglio-Manno, dans les environs de Lugano, et plusieurs immeubles à Zurich. Le point commun de ces opérations avec la cession de son Hôtel de banque? «Lorsque nous n’occupons pas l’intégralité d’un bâtiment, il est moins intéressant de posséder les murs, c’est pourquoi nous effectuons parfois des opérations dites de sell and lease back, qui offrent davantage de flexibilité», confirme Harry Egger, responsable des Corporate Services et donc de l’immobilier pour le groupe UBS.

Plusieurs banques l’ont fait

En pratique, l’agence UBS du 2, rue de la Confédération demeurera, avec l’accès aux mêmes services pour les clients (coffres, caisses) et sa petite centaine d’employés continuera à y travailler. Détenu par la banque depuis 1935, le bâtiment des Rues-Basses, qui accueille également un salon de thé, comptait de larges surfaces inoccupées depuis des années.

D’autres banques genevoises ont effectué ce genre d’opération ces dernières années, notamment Lombard Odier et Edmond de Rothschild. En 2015, UBS avait vendu un complexe situé pratiquement en face de l’Hôtel de banque, rue du Rhône 8, pour 535 millions de francs à l’assureur Swiss Life.

Pas la conséquence du télétravail

La cession de l’Hôtel de banque n’est pas la conséquence de la généralisation du télétravail à la suite de la pandémie de Covid-19, relève Jean-François Beausoleil: «Cette expérience a accéléré la réflexion sur les nouveaux modes de fonctionnement, mais il est trop tôt pour en tirer des conclusions. L’une des autres raisons de la vente de l’immeuble des Rues-Basses est que nous voulons concentrer nos investissements immobiliers dans la zone Praille-Acacias-Vernets.»

La banque est présente dans le périmètre de ce nouveau quartier depuis le milieu des années 1990, avec un immeuble abritant actuellement environ 900 de ses 1200 employés genevois. Plusieurs options de développements sont à l’étude selon les orientations qui seront prises pour le «PAV», entre une modification de l’existant ou la construction d’un nouvel immeuble. «Tout est ouvert», résume Jean-François Beausoleil. Dans ce qui constitue le plus grand projet urbanistique de Suisse, la banque Pictet prévoit de construire d’ici à 2025 un complexe de bureaux et de logements, comprenant une tour de 24 étages. Une autre tour, de 25 étages pour 1500 logements, devrait être érigée à la place de la caserne des Vernets.