UBS a entamé son véritable redressement mercredi, malgré des comptes toujours dans le rouge. Kaspar Villiger est devenu président de la banque en crise depuis deux ans tandis que le patron Oswald Grübel a détaillé sa stratégie passant par des suppressions d’emplois drastiques.

L’élection de Kaspar Villiger au conseil d’administration de l’UBS est passée comme une lettre à la poste devant l’assemblée générale réunie au Hallenstadion à Zurich. L’ancien conseiller fédéral a recueilli 98% voix. Il succède à Peter Kurer qui s’en va après un an de présidence.

Trois autres nouveaux administrateurs ont été élus. Michel Demaré, chef des finances d’ABB, Ann Godbehere, ancienne directrice financière de Swiss Re et Axel Lehman, spécialiste des risques chez ZFS. Dorénavant, le conseil d’administration ne compte plus que 3 membres, sur douze, élus avant le début de la crise en été 2007.

Les membres du conseil d’administration affichent une expérience et des connaissances indéniables, a dit M. Villiger devant 5000 actionnaires conquis. L’ancien conseiller fédéral a aussi appuyé la politique d’Oswald Grübel, en poste depuis le mois de février.

«Nous avons pour ambition de redonner à la marque UBS son éclat d’antan», a-t-il déclaré. Il est essentiel de rétablir la rentabilité et l’assise de fonds propres de la banque ainsi que de dégager les contribuables de toute responsabilité.

Un poste sur dix en Suisse

Avant l’assemblée générale, la cinquième en un an, l’UBS a annoncé la suppression de 8700 postes supplémentaires - soit 19 000 au total depuis le début des déboires de la banque. Le nombre de collaborateurs sera ramené de 76 200 à fin mars 2009 à 67 500.

La Suisse est durement touchée, avec un poste sur dix appelé à passer à la trappe. Entre 1200 et 1500 licenciements y seront prononcés, plan social à l’appui, ce qui a suscité la colère des représentants du personnel. Les suppressions d’emplois sont inéluctables, a déclaré Oswald Grübel.

En ce qui concerne la marche des affaires, l’établissement a inscrit une perte de près de 2 milliards de francs au 1er trimestre 2009. Cette contre-performance fait suite à la perte abyssale de 20,9 milliards de francs l’an dernier, après 5,2 milliards en 2007.

Les démêlés judiciaires du géant bancaire aux Etats-Unis ont par ailleurs fait fuir bon nombre de clients. La division Wealth Management & Swiss Bank a subi des sorties nettes d’argent de près de 23 milliards de francs.

«Malgré les efforts de ces derniers mois visant à stabiliser notre établissement, la crise n’est pas encore surmontée», a reconnu Oswald Grübel. Le président de la direction, qui a déjà redressé le Credit Suisse, a annoncé le maintien de la banque d’affaires, la division qui a pourtant fait plonger la banque.

Nouveau système de rémunération

Une cinquantaine de petits actionnaires ont toutefois profité de l’occasion pour exprimer leur colère. Les critiques envers Peter Kurer n’ont pas manqué.

Le système de rémunération et les bonus accordés au terme du dernier exercice ont également attisé les rancoeurs. Les dédommagements accordés aux anciens patrons de l’UBS, perçus comme responsables de la crise, ont été dénoncés.

Lors d’un vote consultatif, l’assemblée a toutefois dit oui, à près de 90% des voix, au nouveau système de rémunération. Ce modèle, en vigueur depuis cette année, prévoit que la part variable des rémunérations se compose d’un système de bonus-malus et d’un plan de participation en actions.

Au terme d’une séance qui aura duré un peu moins de 7 heures, les actionnaires ont encore approuvé largement la création d’un capital autorisé et celle d’un capital conditionné, qui permettront à l’UBS d’avoir plus de flexibilité en cas de besoin.

A la bourse suisse, l’action UBS a cédé 6,86% à la clôture, terminant à 12.36 francs, dans un marché en baisse de 0,66%. Le reflux des fonds sous gestion et les prises de bénéfices après la forte hausse d’hier ont tiré l’action vers le bas.