Après les Etats-Unis, UBS va-t-elle abandonner une partie de ses activités de gestion de fortune en Europe également? C’est en tout cas ce qu’affirme la SonntagsZeitung dans sa dernière édition: la première banque helvétique se préparerait à se défaire des avoirs non déclarés des clients issus de l’Union européenne (UE).

Dans la pratique, UBS transférerait dans un premier temps l’argent non déclaré déposé sur ses comptes dans une entité séparée. Les clients d’UBS en provenance d’Allemagne, de France, de Grande-Bretagne ou d’autres pays de l’UE seraient alors regroupés dans une unité spéciale. A partir de ce stade, plus aucune visite ne serait effectuée auprès de cette catégorie de clients. Ceux-ci ne recevraient plus aucun conseil par ­téléphone ou par courrier élec­tronique. De même, les services liés à des fondations ne seraient plus proposés que pour les comptes déclarés, affirme le journal ­dominical alémanique, qui déclare s’appuyer sur les propos d’un haut cadre d’UBS. Le service de presse de la banque n’a pas voulu commenter ces affirmations qu’il qualifie de spéculations.

Réductions d’effectifs dansla banque privée en France

Si ce projet se confirme, il s’agirait de la mesure la plus drastique mise en place par la première banque helvétique jusqu’ici. Aux Etats-Unis, les avoirs non déclarés de clients d’UBS portaient sur des montants de l’ordre 17 milliards de francs. Mais dans l’UE, les sommes en jeu s’élèveraient à plusieurs centaines de milliards.

Simple hasard ou non, UBS ­envisage de supprimer jusqu’à 60% de ses effectifs dans son unité de gestion de fortune en France, laquelle compte quelque 350 ­employés, affirmait samedi Le Figaro.

En Suisse également, les 2500 emplois éliminés annoncés mercredi dernier – sur un total de 8700 postes au niveau du groupe – pourraient ne pas suffire. Près d’un emploi bancaire sur dix pourrait disparaître d’ici à 2010, estiment différents experts. Au final, l’effectif de l’ensemble de la branche est susceptible de retomber aux environs de 100 000 personnes, soit le niveau de 2003, affirme la NZZ am Sonntag, qui s’appuie sur les propos du professeur zurichois Hans Geiger.

Seule consolation, les employés d’UBS qui perçoivent un bonus au titre de l’exercice 2008 – dont le versement est échelonné de 2010 à 2012 – auront en principe droit à ces rétributions. Même s’ils sont licenciés avant cette date, indique l’hebdomadaire dominical.