Comme c’est souvent le cas lors de la publication de résultats trimestriels, les investisseurs peuvent voir le verre à moitié vide ou à moitié plein. Vendredi matin, les marchés ont opté pour le deuxième choix. Certes, le bénéfice net distribué aux actionnaires de 827 millions de francs au troisième trimestre s’inscrit en recul d’un cinquième par rapport à celui réalisé entre avril et juin (1,03 milliard), et même en baisse de 60% par rapport au gain de 2,07 milliards publié à la même période un an plus tôt. Cependant, le bénéfice de plus de 2 milliards réalisé un an plus tôt avait alors profité d’un crédit d’impôts nets de 1,3 milliard de francs.

Inférieur à l’an dernier mais mieux que prévu

Le fait que ce résultat ait légèrement dépassé les anticipations du consensus des analystes sondés par l’agence AWP qui anticipaient en moyenne 835 millions a aussi contribué à rassurer les investisseurs. Vers 13 heures, l’action UBS gagnait 1,2% à 14,10 francs, caracolant ainsi en tête de l’indice SMI qui était, lui, en léger repli.

La perspective du maintien d’un dividende de base inchangé à 60 centimes a aussi contribué à rassurer les marchés. Les analystes de la Banque cantonale de Zurich et de Vontobel ont souligné les progrès réalisés en matière d’économies des coûts. Sur le plan opérationnel, UBS indique avoir déjà réalisé des réductions de coûts nettes annualisées de 1,5 milliard de francs, soit 100 millions de plus que lors du trimestre précédant, en bonne voie pour atteindre son objectif de 2,1 milliards visé d’ici fin 2017.

9,4 milliards d’argent frais dans la gestion de fortune

Par secteurs, les activités de gestion de fortune internationales (Wealth Management) ont dégagé un bénéfice avant impôts de 504 millions (639 millions un an plus tôt), ce qui en fait l’unité la plus rentable du groupe. La division a aussi vu affluer 9,4 milliards d’argent frais entre juillet et septembre, davantage qu’entre avril et juin (6 milliards) et qu’au troisième trimestre 2015 (3,5 milliards). Fait notable, l’afflux d’argent a été à nouveau positif en Europe (3,9 milliards), alors que la banque avait souvent subi des retraits lors des trimestres précédents sur le Vieux Continent, tout comme en Asie-Pacifique (5,1 milliards) et en Suisse (1,1 milliard). De faibles sorties d’argent ont en revanche eu lieu dans les marchés émergents. En incluant les apports d’argent de 0,8 milliard pour l’unité de gestion de fortune aux Etats-Unis, plus de 10 milliards ont afflué dans les coffres d’UBS au troisième trimestre.

Si ce point a été jugé positif par les analystes, ils n’ont pas manqué, comme ceux de Credit Suisse, d’observer le nouveau tassement de la marge brute, qui s’est établi à 76 points de base à fin septembre (78 points à fin juin et 83 points un an plus tôt). De même, les revenus opérationnels de l’unité de gestion de fortune, encore situés à plus de 2 milliards au deuxième trimestre 2015, ont continué de diminuer dans cette division pour tout juste dépasser 1,8 milliard au troisième trimestre.

Solides résultats en Suisse et aux Etats-Unis

La division de gestion de fortune aux Etats-Unis (WM Americas) qui a généré un bénéfice avant impôts de 320 millions de francs a, elle, signé son meilleur résultat trimestriel. Il en va de même pour les activités réalisées sur le marché domestique: Personnal & Corporate Banking, la division regroupant les affaires avec la clientèle privée et commerciale suisse, a vu son bénéfice avant impôts s’établir à 453 millions, en léger recul de 13 millions de francs.

Pour la suite, Sergio Ermotti, le directeur ne s’est pas départi de sa prudence habituelle concernant les perspectives pour les prochains mois. A cet égard, la banque évoque «les taux négatifs et plus bas que prévu qui constituent toujours des vents contraires importants». En matière de gestion des coûts, UBS indique aussi qu’elle continuera «à prendre des mesures en vue de contrebalancer les coûts réglementaires plus élevés que prévu».

Provisions pour litiges en hausse

Au seul troisième trimestre, les charges pour provisions pour litiges, questions réglementaires et similaires se sont établies à 419 millions de francs. A fin juin, elles atteignaient déjà près de 2,7 milliards. Les éventuelles amendes en lien avec le dossier des produits adossés à des hypothèques aux Etats-Unis et le litige fiscal avec la France restent les deux plus gros dossiers pour la banque.

Interrogé au sujet de l’évolution des litiges lors d’une conférence de presse, Kirt Gardner, le directeur financier, a rappelé que l’essentiel des provisions constituées se rapportent aux produits de type RMBS aux Etats-Unis.

«Pas de manques systématiques» constatés en lien avec l’affaire 1MDB

Quant aux reproches adressés à UBS en lien avec l’affaire du fonds souverain malaysien 1MDB, Sergio Ermotti a indiqué que la banque «n’avait pas connaissance de figurer sur une liste de la Finma en lien avec ce dossier». Questionné à propos des leçons que la banque tire au sujet de cette affaire, le directeur a argumenté que l’enquête n’était pas spécifique à la place financière suisse mais qu’elle concernait l’ensemble du secteur financier. «L’Autorité monétaire de Singapour (MAS) n’a pas constaté de manques systématiques dans notre système», a argumenté le directeur.

Du côté de l’Asie, UBS n’en a toutefois pas fini avec ses démêlés sur le plan juridique. Dans son rapport trimestriel, la banque mentionne un nouveau litige juridique avec les autorités de surveillance de Hong Kong à propos de ses activités de conseil pour des entreprises lors d’entrées en bourse.