La Suisse romande reste attractive pour le secteur des biotechnologies. En dépit du cas Merck Serono, la société belge UCB a confirmé vendredi son engagement dans la région, avec l’implantation d’un deuxième site de production à Bulle. Un jour après l’annonce de la création de 400 postes de travail par Nespresso, le canton de Fribourg va donc disposer d’une nouvelle manne en termes d’emplois.

UCB projette en effet la création d’environ 140 postes de travail dont le recrutement commencera sous peu, a déclaré Roch Doliveux, directeur général du groupe qui a généré un chiffre d’affaires de 3,245 milliards d’euros en 2010. La première pierre de la nouvelle unité de production biotechnologique a été posée dans l’après-midi en présence des autorités locales. L’investissement se monte à quelque 250 millions d’euros (soit environ 307 millions de francs). Qui viennent s’ajouter aux 300 millions de francs de Nespresso prévus à Romont.

La nouvelle unité de production sera dédiée à la production des médicaments biotechnologiques du groupe belge. Dans un premier temps, il s’agira essentiellement du Cimzia, qui permet de traiter les symptômes de la maladie de Crohn 1 et de la polyarthrite rhumatoïde 2. Son potentiel dépasse 1,5 milliard d’euros de ventes, a confié au Temps le directeur général. A terme, la plateforme bulloise pourrait également servir à la fabrication d’autres molécules.

UCB, qui a généré en 2011 un résultat d’exploitation avant impôts et amortissements de 683 millions d’euros, s’est établi à Bulle en 1996 déjà. L’entreprise n’a cessé d’engager depuis. Les effectifs ont quintuplé, passant de 40 collaborateurs en 1996 à plus de 200 aujourd’hui.

L’avantage de la stabilité

La force du franc a-t-elle remis en question ce projet? «Pas du tout», nous rétorque le directeur général. Si c’était à refaire, il n’hésiterait pas un seul instant, affirme-t-il. «Nous préférerions évidemment un taux de change de 1,35 franc pour un euro, vu que nous exportons 99% de notre production. Mais ce désavantage est contrebalancé par les avantages dont nous disposons ici, comme la qualité de la main-d’œuvre ou encore des conditions-cadres stables, notamment en matière de fiscalité. Cette stabilité est primordiale, étant donné la longueur des cycles de développement dans notre secteur.»