Un accord entre Athènes et la zone euro se dessine

Dette Un groupe de travail dresse le bilan de la troïka en marge de la réunion de lundi

Les positions se sont assouplies, tant du côté grec que de celui de la zone euro

Il y a quelques jours, la bourse d’Athènes s’était effondrée en raison de la perspective d’un bras de fer entre le nouveau gouvernement grec, dominé par le parti de la gauche radicale Syriza, et ses partenaires européens. Vendredi, elle a fait un bond de plus de 5%, reflétant l’optimisme des marchés sur la possibilité d’un accord sur le financement à court terme du pays.

En effet, en marge d’une nouvelle réunion de l’Eurogroupe (ministres des Finances de la zone euro) lundi à Bruxelles, des travaux techniques ont commencé vendredi et devraient durer tout le week-end pour évaluer les points communs et les points de frictions entre la zone euro et Athènes – désireuse de mettre fin à l’austérité. Autant dire qu’entre l’échec total de la réunion de l’Eurogroupe consacrée à la Grèce mercredi et le sommet européen de jeudi, les positions ont évolué.

«J’ai expliqué que nous ne sommes pas d’accord avec les règles qui provoquent l’austérité, mais nous sommes obligés de les respecter», a déclaré Alexis Tsipras à l’issue du sommet, son tout premier. Il y a rencontré notamment la chancelière allemande Angela Merkel, qui lui a montré quelques signes de souplesse. Elle a dit en substance qu’elle «serait heureuse d’accueillir les demandes de prolongation du programme actuel si la Grèce respecte ses engagements».

Pour sa part, la Banque centrale européenne (BCE), qui avait mis la pression sur Athènes en lui coupant l’une des deux sources financement, a décidé jeudi d’élever le plafond de liquidités d’urgence à l’intention des banques grecques.

En réalité, le changement d’attitude de part et d’autre avait déjà été opéré à la réunion de l’Eurogroupe de mercredi. Selon des informations confirmées par diverses sources, les ministres étaient arrivés, au bout de six heures de négociations, à un accord sur la fin du programme d’aide en cours. Ils étaient même en train de rédiger un communiqué de presse à ce sujet lorsque le ministre grec des Finances, Yanis Varoufakis, a eu une conversation téléphonique avec Athènes. Au bout de laquelle il a renoncé à signer le document.

Selon des sources grecques, le premier ministre Tsipras comptait sur le sommet européen pour obtenir de nouvelles concessions. Ce qui a été le cas. Lors d’une rencontre en marge du sommet avec le président de l’Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem, il a obtenu qu’un groupe de travail évalue le travail accompli par la troïka à ce jour. Ce document servirait de base pour la poursuite des négociations lundi.

L’enjeu n’a pas changé. La Grèce a bénéficié de 280 milliards d’euros dans le cadre d’un programme de redressement économique en échange des réformes économiques. Celui-ci arrive à échéance le 28 février prochain et une dernière tranche de 7 milliards doit encore être débloquée. Une somme que le nouveau gouvernement ne veut plus. A sa place, il appelle à un financement de transition, le temps de préparer son propre plan, d’ici à avril ou juin.

L’un des points forts qui sera débattu lundi concerne le surplus primaire (situation budgétaire, sans compter le remboursement des intérêts). A présent, la troïka l’a fixé à 4,5% du PIB en 2016. Trop lourd, estime le gouvernement. Selon lui, un allégement permettrait de financer des mesures sociales en faveur des Grecs qui ont été contraints à se serrer la ceinture depuis 2010, et surtout de respecter ses promesses électorales.

«Nous ne voulons pas des règles qui provoquent l’austérité, mais nous sommes obligés de les respecter»