Dans la nuit de lundi à mardi matin, peu avant 3 heures, au terme d'un marathon, patronat et syndicats de la construction ont signé à Berne un protocole d'accord d'une convention collective.

Ce texte, qui devra encore être approuvé par les assemblées générales respectives les 24 et 26 janvier, met un terme à un profond conflit. Le combat, entrecoupé de grèves, les plus dures et les plus longues qu'ait connues la Suisse ces dernières années, durait depuis plus de six mois. Il menaçait d'affecter durablement la paix du travail et mettait en péril les accords bilatéraux sur la libre circulation des personnes.

«Il n'y a pas de perdants. Tout le monde est gagnant: les entreprises, les travailleurs, mais aussi la Suisse, car la paix sociale est importante dans ce pays», s'exclame, soulagé, Jean-Luc Nordmann, médiateur désigné par la Confédération.

Points litigieux réglés

Tous les points litigieux, à savoir la souplesse des horaires de travail et les augmentations de salaire (voir LT du 5 décembre) ont été réglés. La notion d'heures négatives et les calculs savants pour déterminer les variations hebdomadaire, saisonnière et annuelle des horaires de travail ont été abandonnés. La solution trouvée autorise une très grande souplesse mathématique mais pose quelques conditions d'acceptation par les ouvriers touchés. L'horaire de travail annuel maximum reste inchangé, à 2112 heures par année, soit 44 heures en moyenne par semaine, vacances non comprises.

Les patrons pourront, après consultation des travailleurs, fermer les chantiers pour cause d'intempéries ou de problèmes techniques. Le manque de travail durant certaines périodes de l'année pourra également être compensé ultérieurement par des horaires plus chargés. Cela correspond à l'interprétation juridique, faite par le patronat, d'un jugement d'un tribunal arbitral rendu en 2006. Les syndicats ont obtenu l'obligation de consulter les travailleurs. La balance a par contre davantage penché vers les syndicats en matière salariale. Le patronat a certes obtenu une enveloppe pour les augmentations individuelles, mais la moyenne des hausses salariales se situe à 2,35% en 2008 et à 2% en 2009. Les salaires minimaux sont, eux, augmentés respectivement de 3% et 2,5%. L'accord, valable jusqu'à fin 2010, aura force obligatoire et touchera quelque 100000 travailleurs du gros œuvre.