Encore timides au début de la décennie, les interventions de groupements d’actionnaires minoritaires contre les propositions du conseil d’administration se sont multipliées ces dernières années.

En avril 2005, Ethos a voulu interdire le double mandat de Peter Brabeck chez Nestlé. La fondation genevoise avait alors réussi à rallier à sa cause près de 36% des voix exprimées lors de l’assemblée générale, soit nettement plus que la vingtaine de pour-cent espérés initialement. Il a toutefois fallu attendre encore trois ans pour que l’Autrichien renonce à sa double casquette au printemps 2008.

U En 2007, Peter Brabeck s’était véhémentement opposé à l’idée d’un vote consultatif sur la rémunération de la direction générale de Nestlé, estimant qu’une telle mesure remettrait en question la responsabilité du conseil d’administration. Au début 2009, Nestlé a accepté que ses actionnaires se prononcent sur son système de rémunération.

Depuis 2009, les grandes sociétés du SMI sont toujours plus nombreuses à accepter le principe d’un vote consultatif sur la rémunération des managers. Outre Nestlé, Credit Suisse, UBS et Schindler ont mis en place l’an dernier une telle procédure. En février 2009, les actionnaires de Novartis s’y étaient encore opposés à hauteur de 66%. Daniel Vasella estimait alors qu’une telle mesure constituerait une «intervention massive» dans son champ de compétence. En janvier dernier, le groupe bâlois a fait volte-face, en acceptant de proposer à ses actionnaires un vote consultatif sur son système de rémunération, une décision avalisée lors de l’assemblée générale en février. En janvier, les assureurs Swiss Re et ZFS ont aussi annoncé accepter ce principe.

La prochaine grande réforme dépendra de l’acceptation ou non de l’initiative Minder. Celle-ci prévoit entre autres que les actionnaires puissent s’exprimer sur la somme globale des rémunérations, non seulement pour les membres du conseil d’administration mais aussi pour ceux de la direction.