Le conseil d’administration d’UBS proposera la candidature d’Axel Weber à l’assemblée générale du 3 mai 2012. S’il est élu, il deviendra alors vice-président non indépendant, avant de reprendre la présidence de l’organe de surveillance un an plus tard, indique vendredi le numéro un bancaire suisse.

«Son expérience dans le secteur bancaire et financier international est extrêmement vaste et il se fait fort d’une expérience solide en matière de direction. Sa nomination assurera la stabilité et une transition en douceur au sein du conseil», a commenté l’actuel président, Kaspar Villiger, cité dans le communiqué. L’ancien conseiller fédéral avait été nommé en 2009 à la tête de la banque, alors en pleine crise.

Commentant sa future activité au sein d’UBS, Axel Weber a pour sa part souligné que «deux éléments revêtiront une importance cruciale à l’avenir: la stabilité et une orientation stratégique à long terme».

Axel Weber, 54 ans, a présidé la banque centrale allemande pendant sept ans exactement. Il a quitté la Bundesbank fin avril 2011, un an plus tôt que ne le prévoyait son mandat, enterrant par la même occasion les espoirs de Berlin de voir un Allemand diriger la politique monétaire européenne.

M. Weber, sur lequel la chancelière Angela Merkel avait misé toutes ses cartes, avait cueilli les dirigeants allemands à froid en annonçant qu’il ne briguerait pas de nouveau mandat et en laissant entendre par la même occasion qu’il abandonnait l’idée d’être porté à la tête de la Banque centrale européenne (BCE).

Il avait longtemps fait figure de favori à la succession du Français Jean-Claude Trichet. Mais son intransigeance ne plaisait pas à tout le monde: ses prises de position tranchées, et notamment ses attaques répétées contre le programme de rachats d’obligations publiques lancé par la BCE au printemps 2010, avaient inquiété ses partenaires de la zone euro.

Son nom est aussi régulièrement revenu sur le tapis pour succéder au Suisse Josef Ackermann en 2013 à la tête de la Deutsche Bank.

Dans un communiqué séparé, UBS a dévoilé les détails de la rémunération de son futur président. La banque explique qu’Axel Weber «désire assurer dès aujourd’hui la pleine transparence en ce qui concerne ses conditions de travail», alors que la polémique autour des bonus des banquiers est toujours d’actualité.

Axel Weber recevra d’abord une prime à l’engagement de 2 millions de francs et 2 millions d’actions bloquées pendant un an, après son élection par l’assemblée générale l’an prochain. En outre, il touchera 1,5 million de francs et 150’000 actions bloquées pour quatre ans lors de son année de vice-présidence. En tant que président, la banque lui versera un salaire de base de 2 millions de francs et 2 millions d’actions bloquées pour quatre ans.

Cette rémunération est plus substantielle que celle perçue par Kaspar Villiger. Ce dernier a reçu au titre de l’exercice écoulé près de 1,5 million de francs, dont 850’000 francs en salaire de base et des actions bloquées pendant quatre ans pour un demi-million de francs.

Les partis interpellés sur le choix de Axel Weber ont été peu diserts. Le PLR et l’UDC ne souhaitent pas commenter, tandis que le PS estime qu’une fois de plus, la grande banque oublie de soigner sa relation au monde politique.

Le PLR et l’UDC jugent qu’il n’est pas de leur ressort de commenter le choix des entreprises privées pour leur conseil d’administration. Les libéraux-radicaux attendent néanmoins d’Axel Weber qu’il «fasse fructifier l’UBS et assure une bonne gouvernance dans l’intérêt de la place financière suisse et de l’ensemble de l’économie du pays».

Le PS estime qu’après les attentes que n’a pas su remplir Kaspar Villiger à la tête du conseil d’administration, l’UBS opte pour une figure connue comme un «hardliner de la politique monétaire dénué de tout sens politique». Par ce choix, l’UBS démontre qu’elle continue de négliger la relation de la banque avec le monde politique et la société.

Le PDC se félicite au contraire de l’arrivée de l’Allemand à l’UBS. Axel Weber s’est engagé en faveur de la réglementation Bâle III et a jugé raisonnables les mesures envisagées en Suisse pour les «too big to fail». Cette vision correspond pleinement à celle du PDC, selon Marianne Binder, porte-parole du parti. Il a par ailleurs prouvé qu’il savait se distancier de son parti (le SPD) dans son analyse de la finance.

A la bourse suisse, l’action UBS se négociait à la hausse. Vers 10h, elle s’appréciait de 0,5% à 15,40 francs, dans un marché en légère progression.

Les investisseurs ont réagi avec une certaine réserve à l’annonce du nom du futur président de l’UBS à partir de 2013.

Vers midi, l’action UBS gagnait 1,17% à 15,51 francs, après avoir démarré timidement dans une fourchette comprise entre +0,1% et +0,7%. Le SMI s’inscrivait au même moment en progression 0,46% à 6215,70 points.

Les analystes se félicitent de la nomination d’Axel Weber. Ils l’estiment tout à fait compétent, suffisamment expérimenté et disposant d’importantes relations politiques. Tous ces facteurs auront une influence positive sur UBS.