Le grand ménage se poursuit chez UBS sous la houlette du nouveau président Oswald Grübel. La banque a annoncé aujourd’hui la nomination d’Ulrich Körner, 47 ans, au poste de directeur opérationnel (COO) en remplacement de Walter Stürzinger. De nationalité germano-suisse, Ulrich Körner a passé onze ans chez Credit Suisse, dont les cinq dernières années au sein du directoire. Il y a assumé plusieurs fonctions dirigeantes, notamment celle de chef des finances et de directeur opérationnel.

A la tête du corporate center, fonction nouvellement créée, Ulrich Körner sera responsable de l’infrastructure et des services fonctionnels (informatique, ressources humaines, achat, gestion immobilière et gestion technique des bâtiments). Au niveau du groupe, le nouveau venu chapeautera notamment les fonctions de contrôle, soit les finances, l’évaluation des risques, le service juridique et la compliance.

Cette réorganisation vise à «rationaliser les processus et de faciliter la prise de décision», écrit aujourd’hui la banque. L’annonce du départ de la direction de Walter Stürzinger – qui a annoncé «vouloir appuyer» son remplaçant – évoque plutôt une purge.

Une vingtaine de cadres de la division de gestion de fortune liés au scandale judiciaire américain, dont Martin Liechti, ont été licenciés ou sanctionnés ces derniers jours. Walter Stürzinger était en charge de l’évaluation des risques et de l’audit interne de 2001 à 2007 avant d’être promu au poste de directeur opérationnel en 2007.

Lors de sa nomination au directoire en 2005, la banque se félicitait des «excellentes performances récentes d’UBS en matière de gestion des risques», souhaitant «maintenir ce niveau dans les années à venir».

Walter Stürzinger avait ignoré plusieurs signaux provenant de la banque d’affaire américaine qui signalait le danger d’un effondrement du marché immobilier. De même, il n’avait pas donné suite aux avertissements d’un ancien gérant de l’équipe genevoise de gestion de fortune extraterritoriale pour les clients américains, Bradley Birkenfeld. Celui-ci avait attiré l’attention des cadres, dont l’ancien président Peter Kurer, sur les importantes contradictions entre les règlements internes de la banque et les lois américaines en matière de démarchage de clients aux Etats-Unis.

Par ailleurs, la banque fermera sa division Art Banking qui conseille ses clients en matière de placements sur le marché de l’art. L’équipe crée en février 2008 employait huit personnes. Ce retrait ne concerne pas le contrat de sponsoring de la foire Art Basel, qui court jusqu’en 2011.