La banque suisse UBS a annoncé vendredi avoir nommé un ancien de sa rivale Credit Suisse à la tête de ses activités dans la Confédération, illustrant la bataille que se livrent les grands établissements helvétiques pour attirer les meilleurs éléments.

Lukas Gähwiler, 44 ans, prendra ses nouvelles fonctions à partir de jeudi en remplacement de l’ancien patron d’UBS Suisse, Franco Morra, a annoncé le numéro un bancaire helvétique dans un communiqué.

M. Gähwiler a travaillé durant dix ans en Suisse et en Amérique du Nord pour Credit Suisse et «connaît le secteur bancaire à fond», a estimé le directeur général d’UBS, Oswald Grübel, lui-même transfuge de Credit Suisse. «Les résultats qu’il a obtenus au cours de ses 25 ans de carrière sont impressionnants», a-t-il ajouté.

Lukas Gähwiler a débuté au sein du numéro deux bancaire helvétique en 1990 et a depuis occupé divers postes de direction, incluant la responsabilité des activités avec la clientèle et des fonctions de contrôle.

Lukas Gähwiler sera responsable de l’ensemble des activités de l’UBS avec la clientèle suisse: la clientèle privée et de gestion de fortune, la clientèle entreprises et institutionnelle ainsi que la banque d’investissement et la gestion d’actifs.

Il occupera parallèlement la fonction de codirecteur de la division Wealth Management & Swiss Bank. Lukas Gähwiler fera en outre son entrée au directoire du groupe. Pendant une période transitoire, Franco Morra l’assistera dans ses nouvelles fonctions.

«Le marché intérieur suisse est et restera d’une importance primordiale pour le groupe UBS», affirme l’établissement, toujours sous le feu des critiques, récemment en raison des importants bonus accordés à ses dirigeants.

L’établissement, qui a renoué avec les bénéfices au quatrième trimestre, avec un profit de 1,2 milliard de francs suisses contre une perte de 564 millions au trimestre précédent, a par ailleurs indiqué que son activité en Suisse «restera d’une importance primordiale» pour le groupe.

Soupçonnées d’aider de riches clients à cacher leur argent en Suisse pour échapper au fisc, les banques helvétiques, et particulièrement UBS, ont dû revoir leur activité dans la gestion de fortune.

Elles misent notamment de plus en plus sur la présence à l’étranger et se détachent du modèle classique de gestion «offshore» (gestion en Suisse de l’argent pour des clients étrangers).