Gestion passive

Un avenir tout tracé pour les ETF

Les ETF devraient poursuivre leur forte évolution, quoique à un rythme légèrement moins soutenu

Les fonds indiciels cotés en Bourse (ETF, Exchange-Traded Funds) ont enregistré une incroyable progression ces vingt dernières années. Les ETF européens, dont les encours ne représentaient presque rien il y a un peu plus de 25 ans et 573 milliards de dollars fin 2016, présentent l’une des meilleures croissances du secteur de la gestion d’actifs ces dernières années.

Néanmoins, certains observateurs s’interrogent sur un éventuel revers de la médaille et si l’évolution des ETF peut continuer aux taux actuels. L’étude des informations apportées suggère toutefois que ces inquiétudes sont sans fondement.

Les avantages des ETF

Les ETF offrent un certain nombre de bénéfices aux investisseurs, notamment lors de la négociation des titres. Dans le cas de fonds communs, les investisseurs négocient le plus souvent directement avec le gérant. Les parts sont évaluées à un certain moment de la journée et les transactions sont exécutées le jour ouvré suivant. À l’inverse, les ETF se négocient en temps réel, ce qui permet aux investisseurs d’acheter et de vendre tout au long de l’ouverture des Bourses, souvent par le biais d’un courtier, et ainsi de bénéficier de prix en temps réel.

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La valorisation des parts des ETF s’effectue selon le même principe que pour les fonds communs de placement. La valeur des titres dans lesquels les ETF investissent détermine la valeur des parts des ETF. Les recherches de Vanguard aux États-Unis révèlent que les parts existantes des ETF représentent 80% des transactions, contre 20% seulement pour les créations ou rachats de parts.

La liquidité apportée par les ETF

Puisque la grande majorité des ETF s’échange sur le marché secondaire, quels sont les effets des ETF sur le marché primaire? Une récente étude portant sur la liquidité de marché a permis de quantifier la part que représentent les transactions d’ETF sur les marchés primaire et secondaire.

En Europe, les statistiques quotidiennes sur trois ans concernant les ETF indiquent un volume de transactions moyen sur le marché secondaire de l’ordre de 99% tant pour les actions que les obligations. Notons toutefois que ce nombre peut être légèrement surévalué dans la mesure où toutes les transactions du marché secondaire ne sont pas rendues publiques sur les Bourses en Europe. Aux États-Unis, où les transactions sont toutes divulguées, les chiffres restent cependant élevés, avec 94% pour les actions et 83% pour les obligations. In fine, la plupart des transactions d’ETF n’impliquent aucune activité dans le portefeuille d’ETF. Cela permet de limiter l’impact des ETF, et donc des éventuelles fluctuations ou la volatilité, sur le marché primaire.

Néanmoins, des transactions fréquentes, non seulement d’ETF mais de valeurs mobilières plus généralement, peuvent engendrer une baisse de rendement pour les investisseurs. Mais des études révèlent que pour la plupart des ETF la gestion s’effectue selon une stratégie prudente et de type «buy-and-hold». Une analyse des données des actionnaires américains a en outre dévoilé que, si les intervenants de marché sont plus actifs dans le cadre d’investissements ETF que pour les fonds communs traditionnels, cette différence s’explique en partie par le fait que les investisseurs les plus actifs choisissent les ETF, et non l’inverse.

Prolifération des produits

La croissance des fonds indiciels cotés est liée à celle de la gestion passive. En effet, les ETF représentent une part importante dans la hausse des investissements passifs de ces dix dernières années. Et si les ETF passifs s’inscrivent dans le prolongement naturel de la gestion indicielle, les inquiétudes suscitées par la prolifération de leurs produits sont justifiées. De plus en plus d’ETF sont créés et offrent un accès à un marché ou des classes d’actifs «niche», tels que le marché immobilier asiatique ou les entreprises aurifères.

S’ils peuvent avoir une importance dans certains portefeuilles, des investissements plus vastes et mieux diversifiés seraient plus bénéfiques pour de nombreux investisseurs. Le volume des stratégies et produits spécialisés pourrait se solder par une consolidation, voire une clôture des fonds, une tendance observée depuis quelque temps aux États-Unis.

Accès simple et efficace à des stratégies de gestion

Si la progression des ETF est aussi rapide, c’est parce qu’ils permettent aux investisseurs d’avoir recours de manière simple et efficace à des stratégies de gestion. Leur fort taux d’acceptation sur le marché peut s’expliquer par les caractéristiques qu’ils partagent fondamentalement avec les fonds communs, notamment leur structure organisationnelle, leur cadre réglementaire strict et, pour nombre d’entre eux, leur nature indicielle. Par conséquent, les investisseurs ont recours aux ETF et aux fonds communs de placement pour les mêmes raisons. La différence entre ces deux véhicules se trouve généralement dans leur façon d’acheter ou de vendre les parts, car elle révèle aux investisseurs des informations essentielles sur les conditions de liquidité et les prix du marché.

Les ETF devraient poursuivre leur forte évolution, quoique à un rythme légèrement moins soutenu. Plus important encore, les investisseurs continuent de bénéficier d’une vaste diversification, d’une solide réglementation, d’une importante liquidité et des coûts peu élevés.

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