Employé «voyou» de Credit Suisse ou collaborateur sacrifié par la banque? C’est la question à laquelle a répondu le Tribunal des prud’hommes genevois début avril, à l’issue d’une procédure qui opposait l’ancien responsable du desk nord-américain de Credit Suisse à son ex-employeur. La banque devra lui verser environ 4 millions de francs et assumer les frais de son futur procès aux Etats-Unis, où cet ex-banquier genevois est déterminé à aller se défendre. Pour les Prud’hommes, son licenciement a été abusif et la banque l’a «sacrifié» pour protéger ses propres intérêts. Credit Suisse a annoncé au Temps son intention de faire appel.

Ce banquier faisait partie de la vingtaine d’«employés voyous» pointés du doigt par Brady Dougan face au Sénat américain en février 2014. Ce jour-là, le patron de Credit Suisse reconnaissait que la banque avait violé les lois américaines car, selon lui, une poignée de collaborateurs avait attiré et géré des avoirs non déclarés de résidents étasuniens, à l’insu de la direction.