Après les très bons résultats communiqués lundi par Agie Charmilles, le leader du marché mondial de l'électroérosion (Le Temps de mardi) contrôlé à 70% par le groupe Georg Fischer, c'était au tour de ce dernier de présenter mardi lui aussi de très bons chiffres pour l'exercice écoulé. Des chiffres qui se situent dans le haut de la fourchette des attentes du marché financier. Et les perspectives sont bonnes pour l'année en cours. Malgré les nuages que d'aucuns voient s'amonceler sur l'horizon de l'industrie automobile, Martin Huber, le président du directoire du Georg Fischer, se montre confiant pour l'avenir. L'année a d'ailleurs bien commencé, avec des niveaux de ventes supérieurs à ceux de la même période 2000 et des commandes équivalentes.

Nouveaux clients

L'accent sera d'ailleurs porté désormais sur la croissance interne du groupe et sur la rentabilisation des investissements, plutôt que sur l'objectif ambitieux d'un chiffre d'affaires de 6 milliards de francs d'ici à 2002. Objectif formulé dans le cadre du projet «Vision 2002». «L'année écoulée a été notamment marquée par l'arrivée de nouveaux clients parmi les constructeurs automobiles, en particulier de Renault, de Chrysler et de Peugeot, dont les commandes ne se traduiront toutefois par des ventes qu'en 2002» commente au Temps Marin Huber. Et de préciser: «Même si les volumes ont baissé avec General Motors, qui reste un gros client. Mais cela n'est pas un mal dans la mesure où nous préférons travailler avec des constructeurs plus créatifs, comme Volkswagen.»

En clair, la division «Technologie des véhicules» a renforcé sa position l'an dernier en tant que partenaire de l'industrie automobile européenne. Cette division a en outre pu améliorer son résultat d'exploitation de 18% à 71 millions de francs malgré 12 millions de charges d'amortissement du goodwill. Les analystes se sont en outre montrés favorablement surpris – à l'instar de Carla Barella de la Banque Cantonale de Zurich – par la performance de la division des «Systèmes de tuyauteries». Au cours de l'exercice écoulé, le bénéfice net du groupe schaffhousois a ainsi pu atteindre la valeur record de 151 millions de francs, en hausse de 15% en dépit de charges fiscales bien plus lourdes. Une performance qui incite le conseil d'administration à proposer un dividende de 15 francs, au lieu de 14 francs pour l'exercice précédent. Quant au chiffre d'affaires, il a augmenté en 2000 de 20,5% à 3,9 milliards de francs. «Une progression portée aux deux tiers par la croissance interne» se félicite le patron du groupe schaffhousois. Sur le plan géographique, c'est surtout en Asie que l'accroissement a été le plus marqué (+57%). Avec une part de 12% des ventes, l'Asie revêt donc désormais une importance comparable à celle de l'Amérique. Dans le même temps, les entrées de commandes du groupe ont franchi la barre des 4 milliards de francs. Mais surtout, Georg Fischer a vu son bénéfice d'exploitation (EBIT) bondir de 53% à 267 millions de francs.

Le «profit économique» a plus que doublé l'an passé

D'où une amélioration de la marge opérationnelle à 6,8% (contre 5,4% en 1999), un niveau encore éloigné de l'objectif de 10% fixé sur le long terme. Mais c'est plutôt sur la notion de «profit économique» qu'insiste Friedrich Rufer, le responsable des finances du groupe, pour mettre en évidence la création de valeur réalisée par Georg Fischer. Le «profit économique» nuance en effet le bénéfice d'exploitation en fonction de l'ampleur des capitaux investis et du coût de ces capitaux. Or le profit économique a plus que doublé l'an dernier. Un facteur de nature à redonner confiance aux investisseurs. Ce qui n'a pas manqué de se produire puisque l'action Georg Fischer a regagné 3% à 486,5 francs mardi en Bourse suisse, réduisant ainsi son recul à 13,7% sur les 12 derniers mois. Enfin, Robert A. Jeker, le président du conseil d'administration, a évoqué une nouvelle fois la perspective d'une mise en Bourse de la division «Construction d'installations» (Coperion), considérée comme non stratégique. Opération qui n'est prévue que dans un délai de trois à quatre ans.