Comment UBS peut-elle ouvrir la perspective d'un trimestre bénéficiaire et d'un retour aux dividendes dès 2010? Après une série de quatre trimestres de pertes totalisant 25,718 milliards de francs, le retour à une situation profitable, telle qu'elle est promise par Peter Kurer, président du conseil d'administration, paraît encore très irréel.

En l'absence de données publiées, les analystes et les actionnaires en sont à poser des hypothèses. Le consensus évalue le bénéfice opérationnel au troisième trimestre entre 2,5 et 3 milliards de dollars. Un résultat net proche de l'équilibre implique par conséquent un volant de même amplitude pour de nouveaux amortissements.

Quelles sont les sources de profits? Une part substantielle du résultat semble tirée d'un jeu d'écritures comptables. La dette d'entreprise, comptabilisée à la valeur de marché («mark-to-market»), s'est vue ainsi diminuée en proportion. De combien? Peter Thorne, analyste chez le broker Helvea à Londres, l'estime à 500 millions de francs environ. Mais un analyste de Dresdner Bank la chiffre à 2 milliards. D'où son commentaire: «Un bénéfice tiré d'une telle source serait de mauvaise qualité.»

Par ailleurs, la banque continue d'abaisser son exposition aux actifs basés sur de l'immobilier américain, mais à un rythme ralenti. «Cette exposition s'élève à une vingtaine de milliards de dollars actuellement», estime Peter Thorne. Un tel chiffre induit des défaisances d'une dizaine de milliards de francs au troisième trimestre, une diminution moindre que celle du deuxième trimestre. D'avril à juin, la banque avait cédé de tels actifs pour 26,3 milliards de dollars pour abaisser son portefeuille de 57,3 milliards à 31 milliards.

Elément avoué par Peter Kurer, le bilan n'a pratiquement plus bougé depuis juin, à 2000 milliards environ, alors que la banque cherche encore à le réduire.