La Fondation immobilière Patrimoine, propriétaire et gérant d'un parc immobilier détaché en 1996 de la Banque Cantonale de Genève (BCGE) a affiché dans ses comptes de l'année dernière un bilan de 138,7 millions de francs. Ce parc, qui regroupe 34 immeubles en nom, a généré 10,5 millions de francs de produits encaissés, selon Guy Fontanet et Fritz Aeschbacher, respectivement président et membre du Conseil de fondation. Les dépenses sont à la fois liées à l'activité de gérance (charges, services de conciergerie etc.), au paiement des impôts et aux charges financières liées au prêt de 134 millions de francs accordé par la BCGE en 1996. Quant au résultat net, il est, précise Fritz Aeschbacher, réinjecté sous forme d'investissements dans l'entretien courant des immeubles. Ceux-ci s'élèvent, bon an mal an, à 1,2 million de francs. Les bénéfices réalisés par la gestion de ce parc immobilier pourraient également être versés, à l'avenir, au profit d'institutions culturelles ou sociales genevoises, afin de répondre à des demandes exprimées sur les bancs politiques genevois au moment de la création de la fondation.

La Fondation Patrimoine gère plus de 450 logements, ainsi que plus de 13 000 m2 de surfaces commerciales. Une bonne partie des immeubles, dont la moyenne d'âge au sein de l'entité approche les quatre-vingts ans, se situe dans le quartier de Saint-Gervais et celui de Florissant. Historiquement, ce parc immobilier appartenait dans sa quasi-totalité à la Caisse d'Epargne. Au moment de sa fusion avec la Banque hypothécaire, en 1994, les responsables des deux banques ont jugé préférable que le bilan de la future BCGE soit délesté de ces actifs.

Une banque doit en effet compenser ses actifs en fonds propres; ceux-ci doivent représenter 30% de la valeur de l'actif immobilier, contre seulement 8% pour les crédits commerciaux et 4% pour les hypothèques en premier rang.

Selon Guy Fontanet, cette opération a permis alors à la BCGE «d'économiser 35 millions de francs de fonds propres, soit l'équivalent de 600 millions de francs de prêts et crédits supplémentaires».

Une vocation différente

Contrairement à la Fondation de valorisation récemment créée sous l'impulsion du gouvernement genevois pour gérer les actifs à problème de la BCGE, la Fondation Patrimoine n'a pas pour vocation de liquider son parc immobilier. «Il nous semble au contraire important de conserver en mains genevoises la propriété de ce parc et de valoriser ces immeubles», déclarent les responsables de la Fondation Patrimoine. Ironie du sort, la Fondation Patrimoine a, parmi ses locataires, la Fondation de valorisation.