Planète finance

Un boursicoteur parisien attaque un courtier en ligne

Un courtier en ligne laisse un client jouer avec un levier de 25 000 puis lui confisque son bénéfice. Entre incompétence et mauvaise foi

Un boursicoteur parisien attaque le courtier en ligne Valbury Capital pour récupérer les 10 millions d’euros de profit que la plateforme britannique lui a confisqués. Cette dernière a annulé ses positions a posteriori, expliquant qu’il avait dépassé ses limites de trading, à partir d’un capital de 20 000 euros. On peut se demander si le courtier aurait été aussi prompt à annuler les opérations de ce client si elles avaient provoqué une perte de 10 millions.

L’affaire est encore plus rocambolesque lorsqu’on sait que ce boursicoteur a pu placer des ordres de plusieurs milliards d’euros, à l’automne 2017. Le courtier lui a généreusement offert un levier de 5000, à l’insu de son plein gré apparemment. Ce disciple de Jérôme Kerviel – célèbre pour avoir provoqué 5 milliards de pertes à la Société Générale suite à des paris démesurés – a affirmé qu’il croyait utiliser un service de démonstration, pas du véritable argent.

Investir 5 milliards avec 20 000 euros

Ce n’est que lorsqu’il a réalisé qu’il perdait plus d’un million d’euros qu’il a compris qu’il avait vraiment investi sur les marchés. Sa réaction: investir encore, jusqu’à placer 5 milliards de dollars sur des contrats à terme sur les actions américaines. Levier à ce moment-là: 25 000. Pas de quoi déclencher une alarme sur la plateforme de trading, là non plus (!).

Quelques jours après les faits, Valbury Capital décide que ces positions sont nulles et annulées. La plateforme affirme avoir considéré que les transactions en question étaient des erreurs et que le boursicoteur avait dépassé ses limites de trading (!). Annulé, donc, le vrai bénéfice de 10 millions que le client estime avoir finalement gagné et qu’il cherche maintenant à récupérer. C’est l’équivalent du chiffre d’affaires 2016 de Valbury, qui restait alors sur 3 années de pertes. Autant dire que le courtier ne peut pas se permettre de laisser son client empocher son étrange bénéfice.

Publicité