Commentaire Un cadeau empoisonné?

Les réassureurs sont très généreux. Swiss Re verse par exemple 3,5 milliards de francs aux actionnaires (dividendes et rachats d’actions). Le montant dépasse le bénéfice net de 3,5 milliards de dollars. Cette générosité cache-t-elle l’absence de perspectives favorables dans son cœur de métier? La baisse des tarifs et la forte concurrence des hedge funds sur le marché du risque détériorent les perspectives de rentabilité et de croissance.

Michel Liès, directeur général de Swiss Re, refuse cette vision négative: «Le potentiel est considérable si l’on considère que les trois quarts des risques économiques ne sont pas assurés.» Ce n’est pas seulement le cas dans les pays émergents. En Europe, les tempêtes témoignent d’une sous-couverture massive.

La gestion des données d’assurance (Big Data) ouvre aussi de nouvelles pistes. Swiss Re a l’intention d’en profiter et d’être de plus en plus actif dans la branche accidents.

La crise des réassureurs est d’ailleurs relative. Le rendement des fonds propres de la division non-vie atteint 26,7% en 2014! Les fonds propres abondent. Les marchés émergents sont sous-couverts. Il ne reste qu’à être innovatif pour investir ce capital.