«La moitié des personnes qui franchiront les 90 ans souffriront de démence, comme Alzheimer. Peut-on encore parler de maladie?» C’est en ces termes que le patron de l’EPFL, Patrick Aebischer, a relancé le débat d’une tablée de spécialistes sur les perspectives actuelles du vieillissement la semaine dernière à Genève.

La sixième rencontre de Lake Geneva Innovation Society – des scientifiques et des représentants du secteur privé triés sur le volet – a montré combien le mot prévention prenait tout son sens dans cette problématique. «Depuis que les maladies d’Alzheimer ou de Parkinson ont été décrites, il faut bien reconnaître que nous n’avons toujours pas compris ce qu’il se passait dans le cerveau», admet Jean-François Démonet.

Ce neurologue français, spécialiste dans le dépistage précoce des démences, a été recruté par l’UNIL et le CHUV, avec le soutien de la Fondation Leenaards, pour prendre la direction du futur Centre de la mémoire, qui ouvrira ses portes en septembre 2012. «Nous sentons bien qu’il faudrait diagnostiquer très tôt, mais ensuite, nous n’avons pas encore de traitement véritablement efficace dans la durée», poursuit le spécialiste.

Ce Centre de la mémoire, qui occupera 1500 m2 sur cinq étages au CHUV, est double: apporter les soins aux patients en travaillant en réseau et permettre de mieux comprendre ces maladies. Il s’inscrit dans le «programme Alzheimer» développé par le Département vaudois de la santé en réponse au vieillissement de la population.