Un Chinois rêve de commercialiser une «smartwatch» depuis la Suisse

Technologie Hunter Lee lance le premier smartphone miniaturisé fabriqué en terres helvétiques

Le riche investisseur prépare déjà avec l’horloger Cimier un modèle doté d’une mécanique de montre

Il ne se passe pas un jour sans qu’un industriel inspiré n’annonce la création imminente de la première «smartwatch». Mercredi, le Chinois Hunter Lee a affiché à son tour ses ambitions en matière de montre connectée. Il a commencé par officialiser le lancement de la Swissdigital, un smartphone miniaturisé qui se porte au poignet. «Cela ressemble à une montre, sans en être une», signale l’entrepreneur, contacté mercredi à Guangdong, province méridionale de la Chine.

Et le riche investisseur de préciser: «Ce produit est une étape préliminaire à la commercialisation d’une montre intelligente suisse haut de gamme, développée en partenariat avec l’horloger Cimier, établi depuis 1924 à Baar, dans le canton de Zoug.»

Pour réaliser son «rêve», Hunter Lee, originaire de la province côtière du Fujian et à la tête d’une holding – Fuzhou Hunter Products – active dans l’import-export d’articles tels que des sacs à main en cuir ou des valises, a fondé début 2014 la société à responsabilité limitée Swissgear.

Sa technologie embarquée au poignet, destinée en priorité aux marchés helvétique et chinois, est actuellement en vente sur Amazon, pour moins de 400 francs. Entièrement autonome, la Swissdigital fonctionne sous Android avec sa propre carte SIM. Elle permet de téléphoner, d’envoyer des SMS, de prendre des photos ou de télécharger des applications dans l’App Store, comme n’importe quel smartphone. Mais en beaucoup plus petit.

«Il m’a fallu huit mois pour développer ce produit», confie Hunter Lee, qui peine à chiffrer son investissement – 100% autofinancé –, notamment en termes de recherche et de développement, activités réalisées «à cheval entre la Suisse et la Chine», assure-t-il.

A écouter Hunter Lee, si la plupart des composants de la Swissdigital proviennent de son pays, l’appareil est entièrement assemblé sur le territoire helvétique. «Je me suis entouré d’avocats, qui m’ont dit que 50% du produit devait provenir de chez vous pour prétendre au label Swiss made», souligne le millionnaire.

Où se situent les chaînes de montage de Swissgear, qui compte officiellement deux employés en Suisse? «C’est Cimier qui se charge de ces aspects, indique Hunter Lee. Mais en fonction de la croissance des commandes, nous n’excluons pas de devoir monter une partie de notre assortiment en Chine.»

Pour ce qui est de la «smart­watch» annoncée, Swissgear précise être à la recherche de partenaires en Suisse pour travailler sur le design et réaliser le tour de force technique consistant à coupler une montre mécanique et un téléphone intelligent.

De son côté, l’horloger genevois Hyetis n’a toujours pas livré les premières montres suisses connectées qu’il avait promises à ses investisseurs. Hunter Lee est-il un candidat crédible? «C’est un client sérieux, pour lequel nous avons déjà travaillé par le passé», soutient l’antenne zurichoise de l’agence de communication C-Matrix.

«Selon la croissance des commandes, nous pourrions monter une partie de nos produits en Chine»