Compétitivité

Un climat de chasse aux riches menace l’économie suisse

Des entrepreneurs, comme Michael Pieper et Christoph Blocher et des économistes, comme Peter Gomez (uni de Saint-Gall) dénoncent un climat susceptible de pénaliser le site de production suisse

Selon une étude de l’institut GfS Bern, les préférences de la population suisse se sont déplacées, indique le «Schweiz am Sonntag. On préfère de plus en plus l’intervention de l’Etat à la concurrence, selon GfS. Des économistes, entrepreneurs et politiciens réagissent car l’emploi et la prospérité de la Suisse sont en danger: «Longtemps, les personnes fortunées étaient les bienvenues en Suisse, entre autres parce qu’elles paient beaucoup d’impôts. Aujourd’hui on renvoie les vaches grasses plutôt que de continuer à les traire», selon Christoph Blocher.

«Après les excès de la finance, il fallait réagir, mais le pendule est allé trop loin dans l’autre sens», selon l’entrepreneur Michael Pieper, patron du groupe Franke. Dans les milieux patronaux, on parle de plus en lus de «chasse aux riches». A leur avis, les initiatives qui pénalisent l’économie suisse et l’emploi s’accumulent, à l’image de l’initiative 1:12, de l’impôt fédéral sur les successions et l’initiative pour un salaire minimum.

La lettre du parti socialiste bâlois envoyée à dix managers leur demandant qu’ils justifient leur salaire le premier mai sur une place de Bâle a particulièrement choqué. Christian Levrat, le président du PS , défend ce geste dans la presse dominicale.

Les milieux économiques craignent surtout l’initiative fédérale sur les successions. Elle propose un impôt de 20% au-dessus de 2 millions. Elle toucherait précisément les petits patrons qui se sont versés un salaire raisonnable durant toute leur vie. Pour Christoph Blocher, elle est «ruineuse». «Beaucoup de riches quitteraient le pays», indique-t-il.

Le professeur Peter Gomez, de l’Université de Saint-Gall se dit particulièrement préoccupé: «Tout le monde parle de redistribution, mais si l’on plume les riches, il n’y aura bientôt plus rien à redistribuer». L’économiste estime qu’en raison de la progression de l’impôt sur le revenu, l’initiative 1:12 est en fait une initiative 1:6. Les milieux de droite s’étonent d’autant plus qu’en Allemagne, les anciens communistes aujourd’hui regroupés au sein de «Linke» demandent un rapport de 1:20. Les socialistes suisses sont donc encore plus à gauche.

Le journal dominical montre que, contrairement à une opinion très répandue, la part des revenus du 1% des Suisses les plus riches est plus basse qu’il y a cinquante ans. Au plan fiscal, les 10% supérieurs paient 78% des impôts fédéraux. Le rédacteur en chef du journal explique, dans son éditorial, qu’il est préférable de rendre les pauvres plus riches que les riches plus pauvres.

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