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Un climat de panique règne dans le commerce de détail en Suisse

Alors que les détaillants helvétiques n'ont pas encore fini de souffrir de la vigueur du franc, un climat de panique règne dans la branche, estime Philippe Gaydoul

«Le choc du franc fort n'est de loin pas arrivé à son terme. Sinon, les chiffres ne seraient pas aussi mauvais qu'ils ne le sont», indique Philippe Gaydoul dans une interview publiée lundi dans le Blick. Les économistes qui affirment le contraire ne font rien d'autre «qu'enjoliver le tableau», juge l'entrepreneur.

Le commerce de détail suisse a vécu l'an passé son plus mauvais exercice depuis 35 ans. Pas loin de deux milliards de francs de chiffre d'affaires ont été perdus, affirme le Zurichois qui a dirigé Denner pendant plus de dix ans, puis a cédé 70% du discounter à Migros en 2007, avant que le géant orange n'en reprenne la totalité deux ans plus tard. Et le repli va se poursuivre cette année, tout comme l'accroissement des faillites dans la branche.

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Philippe Gaydoul relève recevoir de nombreux dossiers d'entreprises en quête d'un repreneur, notamment dans le domaine de la mode et de la confection, secteur dans lequel le Zurichois s'est concentré après avoir cédé Denner. Alors que «beaucoup de sociétés ont pensé que leurs difficultés étaient essentiellement liées à des conditions météorologiques défavorables, elles n'ont pas remarqué que les changements sont plus profonds».

Marre d'être roulés

Et pour nombre d'entreprises en difficulté, il est trop tard pour agir. Les consommateurs sont revenus à des valeurs plus traditionnelles et veulent savoir ce que vaut une marque. Rejetant les concepts à moitié définis et anonymes, «ils n'ont plus envie d'être roulés», poursuit M. Gaydoul.

Les consommateurs s'estiment trompés lorsque des marques internationales vendent à l'étranger des produits identiques à des prix inférieurs de plus de moitié à ceux affichés en Suisse, explique Philippe Gaydoul. L'actuel repli du commerce de détail concerne des centaines de milliers d'emplois et lorsque la branche va mal, d'autres secteurs souffrent, comme par exemple, l'agriculture, les transports ou les médias.

Malgré cette passe difficile, Philippe Gaydoul pense qu'il serait faux d'espérer une aide de la politique. Les entreprises qui surmontent le mieux la crise, sont celles qui suivent une stratégie depuis plusieurs années. Et l'ancien homme fort de Denner de citer l'exemple de la chaîne de magasins de mode espagnole Zara.

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