«Fiers de ce que nous faisons»: face aux inévitables attaques que subit un vendeur mondial d'alcools, Diageo assume les risques du métier et a élaboré un code interne devenu une référence pour le reste de l'industrie. Le groupe consacre 1% de son profit avant impôt aux activités préventives. Sont interdits: la publicité jugée «offensante» (prohibée sur les écrans ou les magazines regardés par les moins de 18 ans), toute allusion aux vertus «énergisantes» ou sexuelles des boissons, tout lien avec une conduite violente ou anti-sociale, toute référence négative à l'abstinence, etc.

Collaboration avec la Régie fédérale des alcools

Autre point clé, les directeurs régionaux sont entièrement responsables de toute atteinte éventuelle aux susceptibilités locales. «Chaque activité de communication doit être validée par deux signatures, dit Marco Faes. Nous prônons une consommation modérée, conscient des conséquences dramatiques de l'abus.» Diageo Suisse collabore régulièrement avec la Régie fédérale des alcools, qui possède un service ad hoc, et a lancé plusieurs initiatives. Elle a distribué 50 000 canettes «Raid Blue» pour sensibiliser les jeunes, testé avec succès à Interlaken un programme pour inciter les tenanciers de bars à vérifier l'âge des clients, s'est associée à Gastrovaud et la Croix-Bleue romande pour offrir 5000 bons de taxi (5 francs) dans la région lausannoise. Cette expérience est en cours.