Un constructeur marqué par l’empreinte de Carlos Ghosn

Ceux qui ont un peu côtoyé Carlos Ghosn mesurent la frustration du président-directeur général de Renault. Patron adulé par les médias internationaux, l’homme qui a réussi la prouesse, après son recrutement par Louis Schweitzer en 1996, de faire fonctionner ensemble Renault et Nissan aime être maître chez lui. Il l’a montré en 2013, lorsque son bras droit, Carlos Tavares, faute d’horizon au sein de Renault-Nissan, est parti pour diriger Peugeot. Il le montre aussi lorsque, dans un pays aussi soucieux d’égalité que la France, il affiche un salaire en hausse cette année de 200% (près de 15 millions d’euros pour 2015), notamment grâce à sa rémunération côté nippon. Avec un solide argument: la hausse de 156% de l’action Renault en trois ans. On peut dès lors assumer que Carlos Ghosn, à la tête d’un groupe de 117 000 employés et 41 milliards de chiffre d’affaires en 2014, n’a pas dit son dernier mot. Persuadé que son investissement dans les voitures électriques va payer, car les normes écologiques sont l’avenir de l’industrie, le patron de Renault-Nissan, renouvelé pour quatre ans en mai 2014, entend bien démontrer à l’Etat qu’il n’est qu’un actionnaire… comme les autres.