Le petit crédit fait pleurer dans les chaumières. Et ce malgré le renforcement de la législation en la matière, instauré début 2003. Les gens n'arrivent plus à rembourser. «La situation devient de plus en plus critique, déplore Anne-Marie Hirt, du Centre social protestant. Les gens en difficulté disposent d'un budget de plus en plus serré. Il n'est parfois plus possible de mettre un plan de désendettement en place.»

L'ampleur des dégâts laisse songeur. En 2003, les firmes présentes dans le recouvrement de créances «douteuses» ont traité 1,6 million de cas pour un montant cumulé de 829 millions de francs. Un peu moins de 600 000 dossiers avaient été ouverts en 2002, pour un total de 715 millions.

Les avancées? En vertu du texte de 2003, les particuliers ont notamment sept jours pour dénoncer un contrat de leasing ou un crédit à la consommation et le taux maximal appliqué ne doit pas dépasser 15%. De plus, les instituts de financement ont l'obligation de s'assurer de la solvabilité de leurs clients. «Mais le champ d'application reste lacunaire, affirme Véronique Matthey, de la Fédération romande des consommateurs. Tous les petits crédits ne sont pas soumis à la loi.» Difficile de ne pas le regretter.