Et Un, et Deux, et Trois… non rien à voir avec les chants de la victoire de la France contre le Brésil en finale de coupe du monde de foot 98.

Et Un, c’est l’histoire de l’économie américaine plongeant dans les abysses de sa plus grande crise financière depuis les années 1930; mais c’est aussi l’histoire d’un gouvernement et d’une banque centrale qui décident conjointement de faire ce qu’il faut pour sauver leur système bancaire grevé pas l’éclatement de la bulle immobilière et par la fantaisie des subprimes. C’est également 7 ans plus tard, une croissance solide, concrétisation des efforts massifs de redressement et d’extraction des dettes privées du système bancaire.

Et Deux, c’est un peu la même histoire, mais celle de la zone euro, prise dans les liens incestueux entre une partie des dettes souveraines devenues presque insolvables et ses banques fragilisées par l’inaction politique et monétaire. Mais c’est aussi finalement l’histoire des mots et de l’action d’une banque devenue vraiment centrale qui fera tout ce qu’il faut… C’est aujourd’hui, des banques qui prêtent à nouveau, des entreprises qui se reprennent, mais c’est une faible croissance, car les dettes publiques n’ont pas été réduites, elles sont justes devenues supportables, grâce à des taux bas.

Et Trois, c’est toujours la même histoire, mais aujourd’hui celle de la Chine, qui paye le prix de son élan héroïque pour sauver le monde de la dépression en 2009, lorsqu’elle se lança dans une relance budgétaire mammouth, à crédit et mal calibrée. Et Trois, c’est désormais cette histoire de bulle de crédit qui paralyse les autorités chinoises et inquiète les marchés financiers globaux.

Et Trois, c’est pourtant l’espoir d’un ajustement structurel plus rapide, ce sont les premières mesures pour stimuler la consommation, dans l’immobilier ou les achats de voitures, et les premières décisions d’entreprises pour fermer ou se restructurer; Mais Et Trois devra encore inventer des filets sociaux pour soutenir ses consommateurs, et engendrer une montée en gamme des produits chinois pour rivaliser avec les Occidentaux.

Et Trois, ce sera aussi toujours le même échec tant que l’héritage des dettes pourries ne sera pas sorti du système bancaire, et ce sera le risque de l’économie zombie qui ne fait que panser ses plaies.

Et Trois, ce sera, comme dans une démocratie, l’histoire d’un pouvoir en place écartelé entre la peur de l’ajustement rapide, source de mouvements sociaux et de revanches politiques mortels pour lui, et le confort de l’ajustement économique lent, des dépenses politiques. Et Trois, ce sera aussi le gaspillage d’une partie des 3500 milliards de dollars de réserves monétaires pour boucher des trous, comme au Japon dans les années 1990;

Et Trois sera donc long et douloureux pour la Chine et ses clients historiques, mais ce ne sera pas non plus la descente aux enfers de la croissance mondiale, car Et Un et Et Deux sont présents pour la soutenir.