Le patron de la filiale de gestion d’actifs DWS de Deutsche Bank a démissionné, a annoncé la première banque allemande. Le départ du dirigeant intervient peu après des perquisitions dans une enquête sur des investissements vendus comme plus durables qu’ils ne l’étaient en réalité.

Asoka Wöhrmann, pur produit de Deutsche Bank et proche du patron du groupe bancaire Christian Sewing, sera remplacé dès le lendemain de l’assemblée générale du 9 juin par Stefan Hoops, actuel directeur de la banque d’affaires, selon un communiqué de la banque, publié dans la nuit de mardi à mercredi. L’annonce intervient après des perquisitions mardi dans les locaux de Deutsche Bank et de la filiale DWS, accusée de «greenwashing» et cible d’une enquête pour «fraude».

La justice a, à ce jour, trouvé «des indices que, contrairement à ce qui est indiqué dans les prospectus de vente des fonds» promus comme «durables» et gérés par DWS, les critères ESG (pour environnementaux, sociaux et de gouvernance, ndlr) «n’ont pas été pris en compte dans un grand nombre d’investissements», a expliqué le parquet.

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L’alerte avait été donnée auprès du gendarme américain des marchés (SEC) et de la police fédérale américaine (FBI) par l’ancienne responsable du développement durable au sein de DWS, Desiree Fixler, qui a accusé le gestionnaire d’actif d’avoir gonflé la taille de ses investissements répondant à des critères de ESG.

Multiples scandales

Dans de nombreux pays, les initiatives se multiplient pour combattre le «greenwashing», ou écoblanchiment, soit la promotion exagérée, voire trompeuse, par des entreprises de leurs initiatives en matière de lutte contre le réchauffement climatique. Mais il ne s’agit pas du premier scandale autour de M. Wöhrmann, à la tête de DWS depuis 2018.

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Une enquête du Financial Times avait révélé en début d’année son utilisation controversée d’une adresse mail privée et un paiement de 160 000 euros reçu d’un client de la banque. M. Wöhrmann et le client ont expliqué que la transaction a eu lieu «dans le cadre d’une tentative infructueuse d’achat d’une Porsche», selon le journal britannique.

«Les accusations qui me visent sont devenues un poids pour l’entreprise, ma famille et moi-même», explique M. Wöhrmann dans un communiqué de DWS. «Pour protéger l’institution et ma famille, je souhaite ouvrir la voie à un renouveau», a-t-il dit.

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