Relier la Chine à l’Europe en un seul jour via un train futuriste. Ou alors, utiliser ce même train pour ne parcourir qu’en 28 minutes la distance entre Helsinki et la Stockholm. Ou encore, prendre le train pour effectuer, sous l’eau, des trajets entre deux continents. Il y a un peu plus d’un mois, Brogan Bambrogan, l’un des cofondateurs de la société Hyperloop, se montrait encore extrêmement optimiste pour son projet futuriste: «Nous pouvons proposer des choses que les gens n’imaginent pas encore, et cela va se concrétiser de diverses façons. Nous verrons des systèmes au-dessus du niveau du sol, nous verrons évidemment des systèmes dans des tunnels, et nous voulons aussi voir des systèmes sous-marins».

Mais depuis quelques heures, une ombre s’est projetée sur Hyperloop. Ce même Brogan Bambrogan a déposé plainte ce mardi contre un autre cofondateur, Shervin Pishevar, un important actionnaire, Joseph Lonsdale, et deux dirigeants.

Les faits reprochés sont d’une telle gravité qu’ils pourraient compromettre l’avenir d’Hyperloop, toujours à la recherche d’une plus grande crédibilité alors que ses besoins en financement deviennent de plus en plus importants. Pour mémoire, le projet consiste à déplacer une capsule propulsée par un système électromagnétique et circulant sur un coussin d’air à l’intérieur d’un tube maintenu à basse pression. Hyperloop revendique ainsi des vitesses, dans ces conditions, allant jusqu’à 1200 kilomètres heures, ce qui permettrait de relier Los Angeles à San Francisco en une demi-heure. Un test a été effectué, avec succès, en mai dans le désert du Nevada. Un test en condition réelle devrait être réalisé, dans un tube de deux kilomètres, d’ici le premier trimestre 2017.

Accusations précises

Mais le conditionnel, pour ce projet imaginé par Elon Musk, directeur de Tesla, est de mise. Dans sa plainte, soutenue par deux autres personnes, Brogan Bambrogan, qui a quitté avec effet immédiat Hyperloop fin juin, émet des accusations directes contre Shervin Pishevar et Joseph Lonsdale – les deux hommes détiennent à eux deux 78% des droits de vote de la société. Le premier aurait aurait quasiment triplé le salaire (à 40’000 dollars mensuels) d’une porte-parole devenue sa fiancée. Le second aurait nommé son frère, peu qualifié, directeur juridique du groupe, avec un salaire jugé indécent. Enfin, le plaignant accuse, photo à l’appui, Afshin Pishevar d’avoir laissé une corde sur son bureau, lui suggérant de se pendre. Les accusés ont réfuté le contenu de la plainte.

L’affaire intervient alors que Hyperloop doit lever davantage d’argent, après les 80 millions de dollars reçus en mai. Selon le directeur de la société, jugé optimiste par les observateurs, la construction d’un «mile» (soit 1,6 kilomètre) de tunnel à deux voies coûterait 10 millions de dollars. Il risque désormais d’être plus difficile de trouver de nouveaux investisseurs.

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