«Les Allemands doivent être prêts à travailler davantage.» Le ministre allemand des Finances, Hans Eichel, qui venait de qualifier de «dramatiquement difficile» la situation financière de l'Etat, a conclu jeudi la présentation de son plan d'assainissement par un véritable appel à l'effort et à la fierté nationale. C'est qu'au premier plan de cet échafaudage de mesures disparates, chiffrées à quelque 8 milliards d'euros (12,2 milliards de francs), le ministre a confirmé la suppression du jour férié du 3 octobre, fête anniversaire de la Réunification. La proposition a provoqué un tollé dans l'opinion en raison de son impact émotionnel. Un député de l'opposition a même qualifié Hans Eichel de «traître».

Si le gouvernement fait vibrer la corde sentimentale, c'est que la situation financière de l'Etat et des collectivités publiques n'offre guère d'autres choix que des sacrifices douloureux afin de respecter les critères du Pacte de stabilité européen. Tout indique en effet que le déficit de l'ensemble des collectivités risque une fois de plus de dépasser le critère de 3% du PIB. Or, a réaffirmé Hans Eichel, l'Allemagne a pris le ferme engagement de respecter ses devoirs européens. Sans compromettre la faible lueur de croissance.

Alors que le déficit du budget fédéral de 2005 avoisinait déjà les 22,3 milliards, la dernière évaluation des experts indique un recul supplémentaire des recettes fiscales de 3,5 milliards par rapport aux estimations du mois de mai. A cela s'ajoutent des baisses de rentrées des impôts sur les carburants, en raison du recul de consommation lié à la conjoncture et aux hausses de prix, et également une diminution des taxes sur le tabac.

Enfin, les nouvelles mesures d'assouplissement du marché du travail et la réforme de l'assistance chômage grèveront les dépenses de l'Etat de 3 milliards supplémentaires, en soulageant les communes d'une part des charges sociales. Sans nouvelles économies, le trou budgétaire s'élargit donc de 8 milliards.

Première mesure, dénoncée par l'opposition comme un artifice financier inacceptable, la mise sur le marché (titrisation) d'une partie des 18 milliards d'euros de créances à long terme que l'Etat possède auprès des caisses de pension de la Poste et de Deutsche Telekom. Cela devrait rapporter 5,5 milliards d'euros, selon Hans Eichel.

Il y aura encore un milliard d'euros à trouver en réduisant les dépenses des ministères. Le report de la fête de la Réunification, et non sa suppression, sur le premier dimanche d'octobre, devrait rapport un demi-milliard par l'augmentation de 0,1% du taux de croissance. Enfin, à l'exemple des négociations salariales de VW, le gouvernement allemand demande à la fonction publique, en échange de la sécurité de l'emploi, de renoncer à toute augmentation de salaire en 2005.