Étude

Un échec précoce peut booster certaines carrières

Quand un jeune chercheur voit son projet scientifique rejeté, il a plus de chances, dix ans plus tard, de publier dans de meilleures revues que ses collègues a priori plus chanceux. Mais ne rêvons pas: il est difficile d’extrapoler ce constat à l’ensemble des carrières

«Ce qui ne tue pas rend plus fort», estimait Nietzsche. L’adage du philosophe allemand pourrait faire figure de morale ou de leçon d’une étonnante histoire. Une histoire qui raconte, avec une rigueur de naturaliste, les tours et les détours des parcours professionnels, dans le petit monde de la science. Une équipe américaine de l'Université Northwestern, en Illinois, s'est demandé: dans quelle mesure un échec précoce, chez un jeune chercheur, peut-il influencer sa carrière ultérieure? Contre toute attente, un tel insuccès n’entrave pas les succès futurs. Mieux: il les favorise plutôt. Ce résultat contre-intuitif a été publié dans la revue Nature Communications, le 1er octobre.

Les auteurs de l'étude ont donc suivi les carrières de jeunes chercheurs. Ceux-ci avaient postulé, entre 1990 et 2005, à des bourses de recherche attribuées par les fameux Instituts de la santé américains (NIH), sur appel d’offres. Au final, l’équipe a suivi les parcours de 475 chercheurs qui avaient échoué de peu à obtenir une telle bourse et de 453 de leurs collègues qui avaient, eux, décroché cette bourse de justesse. Dix ans plus tard, les auteurs ont comparé le nombre total de publications signées par ces mêmes chercheurs, ainsi que leur impact (avaient-ils publié dans des revues de prestige?).