L'Union européenne et la Suisse connaissent un développement impressionnant de l'industrie des fonds de placement. Cette évolution (vendredi à Paris, certains ont parlé de révolution) a offert aux investisseurs privés des outils de placement plus variés, plus adaptés aux différents profils de l'épargnant, et aussi parfois plus complexes. L'arrivée de l'euro et donc l'abolition des barrières monétaires, les facilités d'accès aux produits via Internet ou les centrales de fonds et la bonne santé de la Bourse ont nourri cet élan. La presse économique et généraliste participe au travail informatif et pédagogique nécessaire. Mais sur le front de la transparence, il y a encore beaucoup de travail. Par exemple, la difficulté à comparer les performances réelles met dans une situation inconfortable le consommateur. Le Temps l'a déjà dit: c'est encore la chienlit dans la mesure de la performance et il serait heureux que sous la bannière européenne, un standard s'installe. On pourrait aussi évoquer les flous sur les coûts imputés à la fortune des fonds, les obstacles juridiques et fiscaux et l'intégration encore balbutiante des marchés financiers européens, qui ralentissent l'avènement de ce grand marché européen des produits de placement.

Nous ne dirons pas que rien ne se fait. Les progrès sont réels. Mais le pas doit être accéléré. L'enjeu est d'importance: la génération post baby- boom doit avoir toutes les conditions réunies - transparence, concurrence, sécurité du droit – pour épargner plus et ainsi assurer une retraite convenable.