Un étudiant de l’EPFL sécurise WhatsApp

Sécurité Première solution de chiffrage

Si WhatsApp commence à chiffrer les messages qui transitent sur son système, c’est en partie grâce à un étudiant de l’EPFL. La semaine passée, le service de messagerie sur smartphone annonçait qu’il allait progressivement installer sur ses serveurs la solution de chiffrement TextSecure. Or celle-ci a été développée par un collectif de six personnes, Open Whisper Systems, dont fait partie Frédéric Jacobs, étudiant en informatique à l’EPFL.

Selon le Belge de 22 ans, des contacts avaient été pris depuis plus de six mois avec la direction de WhatsApp. «La société était intéressée à intégrer un système de chiffrement dans sa messagerie. Il y a eu des discussions avec une partie de notre équipe basée en Californie. Puis nous les avons aidés à intégrer notre protocole de chiffrement TextSecure», explique Frédéric Jacobs.

Le projet étant en open source, il n’y a pas eu d’accord financier sur le système de chiffrement, qui appartient à tout le monde. Par contre, l’équipe d’Open Whisper Systems est rémunérée pour son travail de consultant.

611 millions d’utilisateurs

Frédéric Jacobs est satisfait de la nouvelle dimension prise par sa solution: «Notre système de chiffrement a déjà été téléchargé par 11 millions de personnes, notamment via notre application de messagerie TextSecure. Avec WhatsApp, nous passons à une communauté de 600 millions d’utilisateurs actifs mensuels. Le déploiement technique prendra donc du temps.» Ce sont d’abord les discussions via le système Android qui seront chiffrées.

Est-ce à dire qu’il sera impossible d’intercepter des messages? «Il deviendra impossible d’effectuer des interceptions de masse en piratant les serveurs centraux de WhatsApp, précise Frédéric Jacobs. Par contre, l’espionnage individuel, en s’attaquant à un téléphone ciblé, demeurera possible.»

En parallèle à son travail pour WhatsApp, Open Whisper Systems va continuer à développer ses propres applications.