Affaire «MUS»

Un ex-administrateur du FMI face à la justice suisse

Jacques de Groote, qui siégeait aux conseils d’administration de la Banque mondiale et du FMI, répond à la justice suisse

«Je suis totalement étranger à l’accusation. Je n’ai profité en rien de cette affaire». Contacté par Le Temps, Jacques de Groote, l’un des sept inculpés par le Ministère public de la Confédération (MPC) dans l’affaire du rachat de la société énergétique tchèque Mostecká Uhelná Spoleznots (MUS), nie toute implication. «C’est une affaire qui a été dirigée par d’anciens cadres de la mine. Je n’en étais pas averti», clame l’ancien administrateur de la banque mondiale et du Fonds monétaire international (FMI.)

Le MPC a annoncé la semaine passée avoir mis sept personnes en accusation dans une affaire de «blanchiment d’argent aggravé» et «d’escroquerie» dans ce qui constitue «l’appropriation présumée illicite d’une des plus importantes sociétés énergétiques de République tchèque» (LT du 25.10.2011). Un montage qualifié par le MPC de «particulièrement complexe», qui a conduit au gel de près de 600 millions de francs. Une saisie qui, si elle était entérinée par la justice, serait l’une des plus importantes de ces dix dernières années.

Un arrêt du Tribunal pénal fédéral rappelait en juillet de cette année que l’on reproche à six des sept inculpés d’avoir «orchestré durant les années 1997 à 2002 le détournement des actifs financiers de la société tchèque [MUS], […] active dans l’extraction et le commerce du charbon, aux fins d’en obtenir le contrôle dans le cadre d’une privatisation». Contrairement à ce qu’affirmait un connaisseur du dossier dans nos colonnes, le MPC – qui ne commente pas – assure dans son communiqué de la semaine passée que la société tchèque s’est en outre bien portée partie civile.

«Pas d’enquête pénale en République tchèque»

Jacques de Groote, membre à l’époque des faits du comité de surveillance de la mine tchèque, siégeait aux conseils d’administrations du FMI et de la Banque mondiale de 1973 à 1994, y représentant plusieurs pays dont la Belgique, l’Autriche, la Turquie, la République tchèque, la Biélorussie ou le Kazakhstan.

Son avocat lausannois s’étonne: «Le côté extraordinaire de cette affaire, c’est que le MPC qualifie en droit tchèque des infractions que les autorités de Prague ne qualifient pas comme telles. Je rappelle qu’il n’y a pas d’enquête pénale en République tchèque.» Dans un article datant de 2009, la NZZ am Sonntag évoquait de possibles soupçons de corruption au sein des autorités tchèques. Ne voulant pas se prononcer sur le sujet, l’avocat assure que son client «n’a pas été impliqué dans l’orchestration de la privatisation de cette société. Non seulement cette affaire n’est pas illicite, mais en plus le rôle de mon client est secondaire».

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