Justice

Un ex-chauffeur gagne une manche contre Uber

Pour la première fois en Suisse, le Tribunal des prud’hommes de Lausanne reconnaît le statut de salarié à un ex-chauffeur licencié. A Genève, des mesures de coercition sont imminentes

Les chauffeurs Uber peuvent-ils vraiment être considérés comme des indépendants? En Suisse, la question agite syndicats et autorités pour qui le géant californien joue sur l’ambiguïté pour ne pas assumer de responsabilités sociales envers ses «employés». Pour la première fois, la justice leur donne raison. Dans son jugement révélé par Le Matin Dimanche, le Tribunal des prud’hommes de Lausanne reconnaît le statut de salarié à un ex-chauffeur qui travaillait pour une filiale d’Uber et condamne l’entreprise à l’indemniser pour licenciement abusif.

Entre avril 2015 et décembre 2016, le plaignant a travaillé en moyenne cinquante heures par semaine pour UberPop avant d’être licencié par un simple SMS. Le tribunal a jugé que l’entreprise était alors son «seul partenaire contractuel» et son «unique source de revenus». Le lien entre les deux parties étant de l’ordre d’un contrat de travail sur appel, UberPop a enfreint la loi en licenciant son chauffeur sans motifs valables et avec effet immédiat.