Le boom du Moyen-Orient attire les hedge funds. Khaled Abdel Majid, fondateur de Mena Capital à Londres, a lancé le 13 mars un fonds alternatif qui investit dans les pays arabes et en Turquie. «Il y a, dans les seuls pays du Golfe, pour 1200 milliards de dollars de projets d'infrastructure en cours ou annoncés ces quatre prochaines années, s'enthousiasme Khaled Abdel Majid. Nous notons un grand intérêt des investisseurs pour cette région, et sommes convaincus que les prix du pétrole ne retomberont pas à 30 dollars le baril», lance le financier, lors d'un passage à Genève.

Le hedge fund, Mena Admiral Fund, a récolté 26 millions de dollars (33 millions de francs). Il est domicilié offshore dans les Caïmans. Pour acheter et vendre ses positions, la société a dû ouvrir, dans une banque à Dubaï, un compte de portefeuille en gestion non discrétionnaire.

Financières et matériaux

Le fonds mise sur le secteur des banques, en raison de la forte demande locale de crédits, et sur les matériaux de construction, pour profiter des investissements d'infrastructure colossaux. Il adopte la stratégie long/short. Un écueil: la vente à découvert est interdite au Moyen-Orient. Khaled Abdel Majid a contourné ce problème en s'adressant à de grandes banques, dont Citigroup, afin qu'elles lui créent un indice short sur chaque marché. «Lorsque ces banques ont trouvé des contreparties à l'achat, nous avons pu utiliser ces index shorts», explique-t-il. Simultanément, le fonds fait varier ses positions longues sur des titres individuels ou marchés attrayants. De sorte que la position brute pour chaque pays est en général faite de paris à la fois longs et courts. Lorsque la perspective est clairement baissière sur un marché, le fond est 100% vendeur. «Les indices short offrent une sécurité à la baisse», précise Al Majid. Sécurité bien utile, lorsqu'on sait que la Bourse de Dubaï a cédé 66% depuis son sommet de novembre 2005, et que celle de Riyad a été divisée par deux. «La diversification des pays réduit aussi la volatilité du fonds, qui atteint 5%», indique le gérant.

Actuellement, le seul pari 100% long est l'Egypte, «pays à forte croissance qui jouit de réformes économiques et ne dépend que peu du pétrole», note Al Majid.