Quid du prix à la pompe? En avril, le litre de super 95 s’est réglé, en moyenne, 1,88 franc selon l’Office fédéral de la statistique. Les données compilées par Carburants.ch – site participatif sur lequel sont rapportés les prix à la pompe – montrent que, en mai, les tarifs moyens étaient de 1,80 franc. Ce qui correspond donc à une baisse de 4,2% par rapport à avril. Pas terrible pour un mois de mai au cours duquel le pétrole brut a, lui, perdu 20% de sa valeur.

De quoi nourrir à nouveau tous les soupçons. D’autant plus que sur le marché de gros de Rotterdam, la sans-plomb a également vu son prix fondre de 12%, une dépréciation reflétant celle du pétrole brut: la tonne chargée par barge est passée de 1214 dollars la tonne à 978 dollars en un mois.

Les taxes brouillent le lien

Petit détail crucial. Les prix sur les étiquettes des grossistes de Rotterdam sont libellés en dollars. Ce qui change tout. Car le franc «fort» l’est un peu moins face au billet vert: en un mois, la monnaie nationale – et donc son «pouvoir d’achat pétrolier» – s’est dépréciée de 7% face à la devise internationale.

Une calculette devient nécessaire. Le prix de gros de l’essence achetée à Rotterdam – converti et exprimé en litre et hors taxes – est aujourd’hui d’environ 70 centimes. Cependant, si la valeur du franc face au dollar n’avait pas bougé, il se limiterait à 65 centimes.

Le seul effritement du franc force donc à payer l’essence en gros 8% de plus en un mois. Ce qui grignote déjà une bonne partie de l’avantage que devrait procurer la baisse du brut. Les taxes achèvent de brouiller un peu plus le lien avec les cours du brut ou de l’essence en gros et le prix à la pompe.

Exemple? En février dernier, le cours international du brut avait, à l’inverse, grimpé de 13%. Mais, selon Carburants.ch, les prix à la pompe ne s’étaient renchéris que de 4%. Un an auparavant, en février 2011, le brut s’était apprécié de 16%. Les tarifs des stations-service suisses n’avaient augmenté que de 3%. «Les baisses du brut ont cependant tendance à se répercuter plus lentement que les hausses», estime cependant Gary Hirsch, cofondateur du site participatif.

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