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Construction

Un gain à la loterie lance Gétaz Romang

L’origine du groupe remonte à 1856. Aujourd’hui, la société est leader du marché suisse de l’habitat

C’est un peu paradoxal. Mais on ne trouve nulle trace du nom de Gétaz ou de celui de Romang à l’origine de Gétaz Romang. L’histoire de l’entreprise romande spécialisée dans la vente de matériaux de construction commence en effet avec un certain Charles Genand. Retour il y a 155 ans, sur la fondation de cette entreprise, aujourd’hui leader du marché suisse de l’habitat et basée à Saint-Légier (VD), au-dessus de Vevey.

C’est en 1856. Charles Genand, un «parent» de Samuel Gétaz (les détails du lien familial restent flous), ouvre un petit commerce de matériaux de construction à Vevey. Il comprendra très tôt l’intérêt de faire davantage que le seul commerce de ces matériaux et s’attellera à la construction d’une usine pour cuire la pierre à gypse (plâtre). La fabrication vient compléter la vente. Au-delà de la publicité («Votre ciment Portland du Léman est supérieur aux autres! Pour mon compte, je n’en emploierai plus d’autres», lit-on par exemple dans une ­publicité), il décide de mettre ses produits en avant autrement que, comme le veut la norme à l’époque, par des magazines. Il sera l’un des premiers vendeurs du moment à concevoir des salles d’exposition pour ses échantillons. Dans un almanach destiné à ses clients, Charles Genand raconte: «Tout en me félicitant de l’utilité de cette installation ­nouvelle, j’ai également constaté que j’avais aussi acquis de nouveaux clients.» Le 1er avril 1887, Samuel Gétaz, le «parent», arrive dans l’entreprise. Pour accélérer le développement de la société, il se mettra en quête d’un com­manditaire (sorte de «business angel» de l’époque). Coup de chance, Emile Romang, Lausannois, vient juste de gagner 100 000 francs suisses à la «Loterie du canal de Suez» (près de 3 millions de francs actuels). Ce montant sera engagé dans l’entreprise qui deviendra, en 1899: «Société en nom collectif Gétaz & Romang». Charles Genand semble avoir été oublié de l’Histoire. «Personne ne sait ce qu’il est devenu», reconnaît Marc Maurer, responsable de la formation chez Gétaz Romang et ancien rédacteur en chef du journal interne de l’entreprise. «On pense qu’il était simplement en âge de prendre sa retraite…»

Gétaz Romang grandit. En 1907, la société s’étend dans les cantons de Fribourg, de Genève et du Valais. L’expansion n’est pas seulement géographique, l’entreprise familiale va également agrandir sa gamme de produits (bois, carrelages, appareils sanitaires et agencement de cuisine). Samuel Gétaz sera remplacé par son fils, Edouard Gétaz, en 1928.

Entre 1966 (année de décès d’Edouard Gétaz et nomination de Martin Gétaz, son fils, au poste d’administrateur délégué) et 1990, la prise de participation et le rachat d’entreprises se multiplient. L’entreprise prend le nom de «Gétaz Romang SA» en 1978. Dix ans plus tard, elle passera pour la première fois la Sarine par la reprise de la société Sabez AG (Zurich et Saint-Gall).

Après quelques turbulences conjoncturelles durant les années 1990, Gétaz Romang fusionne avec Miauton en 1999. Deux ans plus tard, Martin Gétaz décède et son frère Vincent reprendra la présidence du conseil d’administration. «Dès lors, l’entreprise a été davantage gérée par des managers», analyse Nicolas Weinmann, directeur général actuel. En mars 2007, CRH (géant irlandais du même secteur) réalise une OPA amicale sur Gétaz Romang, valorisant la société à 540 millions de francs. «CRH Gétaz Holding» signe la fin d’une époque? «L’ambiance familiale a diminué, mais n’a pas disparu», conclut Nicolas Weinmann, à la tête d’environ 2700 employés. N’étant plus cotée depuis son rachat, la société ne divulgue plus son chiffre d’affaires.

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