Technologie

Un géant du fitness lance une montre connectée «Swiss made»

Icon Health & Fitness s’est associé au CSEM et à Soprod (propriété de Festina). La production débute en septembre mais le groupe américain développe déjà d’autres projets en Suisse

Un géant du fitness lance une smartwatch suisse

Technologie Icon Health & Fitness s’est associé au CSEM, à Soprod et à Festina

La production débute en septembre mais le groupe américain développe déjà d’autres projets en Suisse

Dans le domaine effervescent des montres connectées, la Suisse est depuis plusieurs mois le théâtre de toutes sortes d’alliances. Il y a le local qui s’appuie sur les compétences locales – Swatch Group avec ses filiales EM Electronics ou Renata. Tout le monde a aussi entendu parler des suisses qui cherchent aux Etats-Unis – Tag Heuer avec Google et Intel, Frédérique Constant avec Fullpower. Désormais, il y a aussi l’histoire du géant américain qui emprunte le savoir-faire helvétique.

Ce géant, c’est le groupe Icon Health & Fitness, leader mondial de l’équipement de fitness. Après les tapis de course, les vélos, les rameurs, les balances connectées et les bracelets traceurs d’activité, l’entreprise aux quelque 2 milliards de dollars de chiffre d’affaires annuel s’est associée au Centre suisse d’électronique et de microtechnique (CSEM) pour lancer des montres connectées.

«Face aux développements ultra-rapides dans le domaine des appareils de mesure embarqués sur l’homme [wearables], faire des montres était une évidence si l’on veut se développer dans ce segment. Et pour faire des montres, la Suisse était aussi une évidence», explique Jared Willardson, responsable de la R&D et du design chez Icon, que Le Temps a rencontré il y a dix jours à Neuchâtel.

Basé à Logan, dans l’Utah, Jared Willardson vient régulièrement au CSEM depuis l’été 2014. Mais son projet est aujourd’hui à bout touchant. Deux modèles «Classic» seront produits dès le mois de septembre en Suisse. Annoncées à 499 dollars, ces montres seront rangées dans les produits de sa marque iFit. Elles sont «des gestionnaires de calories, pas des traceurs d’activité», précise le responsable américain. Leur mouvement à quartz est fourni par Soprod, tandis que l’assemblage et la mise en service sont gérés par Mical. Ces deux sociétés sont en mains du groupe Festina.

Pourquoi le CSEM plutôt qu’une marque horlogère établie? «La marque iFit et les utilisateurs de la plateforme sont plus importants. C’est ce qui nous a conduits à chercher un développeur.» La communauté de plusieurs millions d’utilisateurs déjà connectés aux appareils de la société. Voilà, des dires de Jared Willardson, la grande force d’iFit, dans un paysage de smartwatches extrêmement concurrentiel.

Le groupe lance aussi une nouvelle série de bracelets connectés. Parmi eux, deux modèles sont équipés d’une technologie améliorée de mesure de la fréquence cardiaque au poignet. A l’instar de ce que proposent aussi Apple et Garmin notamment. Une fonction qui, à terme, pourrait remplacer les cardiofréquencemètres attachés autour de la poitrine.

Ces deux bracelets sont lancés en collaboration avec Pulse On, spin-off de Nokia qui a également utilisé les brevets du CSEM. La société finlandaise, installée à Neuchâtel depuis l’an dernier, vend par ailleurs elle-même des montres connectées.

Les bracelets de iFit seront vendus dans les magasins de sport généralistes, tels Decathlon ou GoSport en France. Les montres, dans des enseignes plus proches des habitudes horlogères. Le marché suisse? Rien n’est établi pour l’instant. Mais le premier débouché d’iFit, cela reste les Etats-Unis. Même si l’Europe est celui où le nombre d’utilisateurs croît le plus rapidement, assure Jared Willardson. En tout cas, les objectifs du groupe Icon sont clairs. Cette poignée de nouveaux produits devraient s’écouler à 1 million d’exemplaires d’ici à fin 2015.

Les brevets du CSEM qu’iFit utilise ne sont pas exclusifs, «afin de laisser la porte ouverte à d’autres horlogers suisses qui voudraient collaborer avec nous», insiste son vice-président, Jens Krauss. Pas de quoi embarrasser la marque américaine. «De nombreuses technologies se ressemblent dans ce domaine. La différence, c’est la façon de les décliner», répond Jared Willardson.

Icon travaille d’ailleurs déjà sur de nouveaux projets avec le CSEM. Nous n’en saurons pas davantage. Si ce n’est que le centre neuchâtelois l’a déjà accompagné dans le développement de la chaussure de course connectée Altra, en vente depuis le début de l’année.

Le CSEM a déjà accompagné Icon dans le développement de sa chaussure de course connectée

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