Le Financial Times et The Economist s’accordent souvent dans le choix des livres de l’année 2016. Tous deux honorent par exemple Richard Baldwin. Ce professeur de l’Institut de Hautes Etudes Internationales et du Développement, à Genève, est l’auteur de «The Great Convergence: Information Technology and the New Globalization». L’auteur est parvenu «à dire quelque chose de nouveau et de vrai à propos de la globalisation», comment Martin Wolf, dans le Financial Times.

La globalisation actuelle se traduit par la chute des coûts de communication et par la distribution rapide du savoir dans le monde, notamment en Chine. Une troisième vague de globalisation va s’imposer, à travers une mobilité virtuelle des individus, par la «téléprésence» et la «télérobotique».

Pour The Economist, le professeur genevois montre qu’il sera difficile d’aider les perdants de la globalisation et qu’il serait encore plus difficile d’inverser la tendance.

Les preuves du progrès

Il n’y a pas que les mauvaises nouvelles à être honorées. «Progress», du libéral suédois Johan Norberg, révèle, selon The Economist, les différentes voies par lesquelles notre vie s’est améliorée depuis un siècle, en termes de réduction des inégalités, de conditions sanitaires, d’espérance de vie et de prospérité. Etonnamment, le magazine le place dans la rubrique des ouvrages de culture, société et voyage.

Les deux médias font honneur à Branko Milanovic pour son ouvrage prévoyant la persistance de l’augmentation des inégalités dans «Global Inequality: A new Approach for the Age of Globalisation». Les deux soulignent aussi les mérites de Robert Gordon dans son analyse relativement pessimiste de l’économie américaine, et de sa thèse des rendements décroissants, dans «The Rise and Fall of American Growth». Et tous deux apprécient le portrait d’Alan Greenspan: «The Man who Knew: The Life and Times of Alan Greenspan», par Sebastian Mallaby. C’est aussi le livre de l’année pour McKinsey.

Portrait de Jack Ma

Le portrait du géant de l’internet chinois, Alibaba, à travers «Alibaba, The House that Jack Ma Built», et de l’ascension de son fondateur, Jack Ma, fait partie des recommandations de The Economist et du Financial Times.

La Chine est à l'honneur dans The Economist avec «China's Future», de David Shambaugh, lequel cherche à savoir si l'Empire du Milieu sera l'exception qui confirme la règle selon laquelle un pays moderne se transforme nécessairement en une démocratie. La réponse se situe peut-être dans «CEO, China: The Rise of Xi Jinping» de Kerry Brown.

Le Financial Times, sans doute à l’initiative de son chef de rubrique économique Martin Wolf, apprécie particulièrement les thèmes monétaires. Au chapitre des livres économiques, il sélectionne «The Euro et and The Battle of Ideas», de Markus Brunnermeier, Harold James et Jean-Pierre Landau, un ouvrage apprécié mais comme un livre politique par The Economist.

Le Financial Times cite aussi le livre de Mervyn King, l’ancien président de la Banque d’Angleterre («The End of Alchemy») et le combat de Kenneth Rogoff contre le cash physique: «The Curse of Cash».