Medtech

Un groupe américain rachète la start-up vaudoise KB Medical

La société devrait rester à Lausanne pour développer son robot d’aide aux chirurgiens 

La société lausannoise KB Medical, qui développe une solution d’assistance robotique pour les chirurgiens, a été rachetée cet été par le groupe américain Globus Medical, pour un montant non dévoilé. La technologie, développée à l’EPFL, a séduit l’entreprise spécialisée dans la fabrication d’instruments pour chirurgiens. En juin dernier, c'était le groupe genevois Selexis qui passait en mains japonaises. 

«La reprise de KB Medical permettra à Globus Medical d’accélérer, d’améliorer et d’élargir notre portefeuille de produits», s’est contenté de mentionner dans un communiqué Dave Demski, président des technologies émergentes chez Globus Medical, un groupe qui réalise un chiffre d’affaires annuel de 564 millions de dollars (542 millions de francs).

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L’entreprise, qui comptait en juin dernier dix employés, restera-t-elle en Suisse? «La société conservera ses bureaux à Lausanne», affirme Jean-Marc Wismer, l’ancien directeur de KB Medical, une start-up fondée en 2012. A court terme, le propriétaire japonais qui a repris Selexis a aussi assuré que les «activités du groupe ne seront affectées en aucune manière». Mais ensuite? Qu'adviendront ces start-up reprises par des multinationales? 

Prix PERL reçu en 2015

«Il y avait une fenêtre d’opportunité. Les entreprises Medtronic et Zimmer ont toutes deux acquis des concurrents en l’espace d’une année. Nous étions ainsi les seuls acteurs restants disponibles pour une grande société du domaine désirant se positionner avec une solution intégrée», explique Jean-Marc Wismer.

En 2012, Szymon Kostrzewski, cofondateur de KB Medical, saisissait dans un coin de son bureau à l’EPFL une colonne vertébrale en plastique et expliquait au Temps comment il voulait souder deux vertèbres cervicales grâce à une perceuse médicale intégrée à un robot. «Placer une vis de 4 millimètres de diamètre dans un os qui mesure en moyenne 6 millimètres de large avec d’un côté des artères cérébrales et de l’autre la moelle épinière est une opération extrêmement délicate», soulignait-il. Avec une équipe de l’EPFL, il est parvenu à créer ce robot qui guide les chirurgiens et les aide à placer leurs vis, à la demande de John Duff, neurochirurgien au Centre hospitalier universitaire vaudois (CHUV).

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Après un prêt de 400 000 francs obtenu auprès de la Fondation pour l’innovation technologique (FIT), KB Medical a pu développer une solution robotique d’assistance médicale pour la chirurgie du rachis (région cervicale, dorsale et lombaire), appelé AQRate. En 2015, elle a obtenu 50 000 francs du Prix entreprendre région Lausanne (PERL). Puis, la start-up a obtenu le marquage CE, en juin 2016, et a mené des essais auprès de 24 patients. Toujours l’an dernier, KB Medical a aussi levé 2,5 millions de francs auprès de Kinled Holding, une société d’investissement active dans les technologies médicales.

«La prochaine étape de création de valeur aurait été la commercialisation. Mais il aurait fallu lever des fonds importants et développer un réseau de vente redondant avec celui de nos acquéreurs potentiels. Cela représentait peu de valeur ajoutée tout en étant hors de notre cœur de compétence», ajoute Jean-Marc Wismer.

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