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Gazprom croit aux lendemains radieux grâce à la chute de la production gazière européenne et au vieillissement de son parc nucléaire.
© LEONHARD FOEGER

Matières premières

Un groupe suisse aide Gazprom à consolider ses positions en Europe

Gazprom revient en force sur le marché européen avec des livraisons en forte augmentation. Le groupe suisse Allseas est aux premières loges pour en profiter grâce à un contrat de construction du gazoduc Turkstream

Les Européens consomment plus que jamais du gaz russe, a indiqué le groupe d’Etat Gazprom dans une lettre d’information parue lundi. Malgré les fortes tensions politiques avec l’Occident, le géant russe du gaz affiche sa détermination à poursuivre ses projets de gazoducs vers l’Europe. Le groupe Allseas, l’un des leaders mondiaux de la construction de gazoducs sous-marins, va bénéficier de l’effort russe grâce à un gros contrat décroché début décembre pour la construction du gazoduc Turkstream. Basé en Suisse, Allseas a la charge de poser plus de 900 km de tubes sur le lit de la mer Noire entre le sud de la Russie et la partie européenne de la Turquie. Les travaux démarrent au second semestre 2017 et doivent s’achever en 2019. Pour ses travaux, Allseas va mobiliser la plus grande plateforme mobile du monde, baptisée Pioneering Spirit, d’une capacité de 2000 tonnes et qui peut poser des tubes en eaux de grande profondeur.

Un contrat qui devrait atteindre 700 millions d’euros

La taille du contrat n’a pas été révélée (Allseas n’a pas répondu aux questions du «Temps»), mais elle devrait atteindre les 700 millions d’euros. Le groupe italien Saipem, qui devait construire un gazoduc similaire (South Stream, qui devait atteindre la Bulgarie), réclame aujourd’hui 680 millions d’euros à Gazprom, contraint d’abandonner le projet suit au blocage de la Commission européenne. Allseas dispose d’une option pour la construction d’une seconde ligne de Turkstream, qui porterait sa capacité à 15,75 milliards de m3 de gaz par an.

Le coût total du projet, entièrement pris en charge par Gazprom, est estimé à 7 milliards d’euros, d’après un document gouvernemental russe. Une somme qui pourrait changer, car l’estimation remonte apparemment à 2015, avant que Turkstream ne soit gelé à cause d’un incident militaire avec la Turquie. Il est possible que le coût soit plus élevé à cause des problèmes de financement liés aux sanctions financières frappant la Russie. D’autres risques incluent un prix du gaz ayant tendance à diminuer, des relations instables avec la Russie, une compétition croissante dans la zone de la Méditerranée et la volonté à Bruxelles de réduire la dépendance européenne par rapport au gaz russe.

Gazprom croit aux lendemains radieux

Une dépendance qui a fortement crû en 2016, alors que Gazprom affirme livrer désormais aux Européens environ un tiers de leur consommation (34%), une part en constante augmentation. Le groupe contrôlé par le Kremlin note avoir déjà exporté 170 milliards de m3 de gaz entre le 1er janvier et le 15 décembre 2016, soit une hausse de 12% par rapport à l’année précédente.

Gazprom croit aux lendemains radieux grâce à la chute de la production gazière européenne et au vieillissement de son parc nucléaire. «C’est la preuve que les clients étrangers ont besoin de nos nouvelles routes de transit pour des livraisons fiables: Nord Stream 2 et TurkStream», suggérait lundi le directeur général de Gazprom, Alexeï Miller. Les Russes ont-ils vraiment le vent en poupe? «Avec l’arrivée au pouvoir de Donald Trump, la pression internationale sur la Russie peut s’affaiblir, ce qui donne une chance à Gazprom d’augmenter son influence sur les marchés étrangers et de redémarrer des projets internationaux au long cours», estime Roman Tkatchouk, expert à la banque d’affaires Alpari.

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